À l’occasion de son 47ᵉ anniversaire, le Centre national de documentation et de recherche scientifique (CNDRS) a organisé, le lundi 12 janvier dernier, une journée porte ouverte couplée à une table ronde en format hybride. Placée sous le thème : « Les enfants face au numérique : défis actuels et perspectives d’avenir pour les familles », cette rencontre a mis en lumière les préoccupations grandissantes liées à la place omniprésente des écrans dans le quotidien des plus jeunes.
Il était 15heures et 20 minutes du lundi dernier, lorsque le directeur général du Centre national de documentation et de recherche scientifique (CNDRS), Dr Toiwilou Mze Hamadi, a donné le coup d’envoi de la rencontre devant une assistance attentive composée de parents, d’enseignants, de chercheurs, de professionnels du numérique, ainsi que d’élèves et d’étudiants. Dans une atmosphère studieuse, sept intervenants se sont succédé à la tribune pour apporter un éclairage pluriel sur la question des enfants connectés.
Chacun des intervenants a montré une facette différente des défis liés au numérique chez les enfants. Mohamed Mboreha Seleman a ramené la discussion au contexte comorien, en montrant comment les familles peuvent accompagner leurs enfants dans l’usage des nouvelles technologies. Dr Mohamed Wadjih, anthropologue a parlé des opportunités éducatives et pédagogiques pour les enfants comme pour les parents. Haifaou Younoussa, PhD en sciences génétique des populations a expliqué comment les écrans influencent le développement et le bien-être des plus jeunes.
Nahere Soulé spécialiste en comptabilité et finance du numérique a parlé des enjeux possibles, comme le cyber harcèlement ou l’exposition à des contenus inadaptés. Dr Nahdhoit Ahamada Rachid, microbiologiste a insisté sur les effets sur la santé, qu’il s’agisse du sommeil, de la vue ou de l’équilibre mental. Noely Solohasina Ranaivoarimanana, doctorante en science de l’éducation a souligné que les écrans peuvent aussi être utiles, à condition d’être bien encadrés. Enfin, Aboubacar Ben Aboubacar, ingénieur en informatique et enseignant à l’Université des Comores a rappelé que le numérique peut accentuer les inégalités sociales, car tous les enfants n’ont pas les mêmes moyens d’accès. Selon ce dernier, il rappelle que « seuls les 40% de la population ont accès au numérique et 87% l’utilisent principalement pour les réseaux sociaux ».
Curieux, chacun des participants se sentait concerné et impliqué. La table ronde s’est transformée en espace de dialogue ou Mme Sittou Raghadat Mohamed, présidente de la Commission nationale des droits de l’homme, a insisté sur la difficulté à limiter le temps d’écran de ses petits-enfants. Une mère présente a partagé son désarroi : « J’ai l’impression de lutter chaque jour contre mon fils. Je ne sais plus comment fixer des règles sans créer de conflit. » À la fin, un père de famille a résumé le sentiment partagé par beaucoup des participants : « Nous ne pouvons pas arrêter le progrès. Mais nous devons trouver un équilibre, pour que nos enfants grandissent avec le numérique sans en être assiégés ».
Aticki Ahmed Ismael (stagiaire)
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