Un kwasa a chaviré dans les eaux de Mayotte lundi dernier avec à son bord 21 personnes, dont des enfants. Cette embarcation de fortune est partie de Maraharé (Anjouan) vers Mayotte. Parmi les enfants morts dans le coup, trois sont du village de Boungweni dans la commune de Sima.
L’inconscience des autorités face à ce fléau meurtrier dans le bras de mer séparant Mayotte et son île sœur Anjouan fait plus de victimes que les guerres dans plusieurs pays instables. « Nous sommes dans le chaos total. Sécuriser les frontières devrait être un chapitre important de la sécurité du pays, mais en vain », lance Madjid Moussa, un citoyen et vendeur au marché, ayant perdu un neveu dans cette tragédie. Ce dernier accuse les autorités de ne rien faire pour sauver des vies. Un des survivants s’est confié à La Gazette des Comores et indique que « le Kwassa est parti le dimanche. Il a vu une mère de Bandrani et une autre se noyer avec ses enfants ». Selon lui, la mer n’était pas agitée mais il a évité de commenter s’il y a eu un éventuel chavirement provoqué par la police de mer de Mayotte.
Ces derniers temps, les naufrages entre ces deux îles sœurs ont nettement augmenté. Il y a quelques jours, des jeunes filles de Domoni ont tenté de rentrer à Mayotte pour reprendre l’école mais le voyage reste un aller sans retour. Une semaine avant, un enfant de 10 ans et son père sont péris au large de Moya à bord d’un Kwassa venant de Mayotte vers Anjouan. Dans cet accident, un passeur est porté disparu selon nos informations.
Du coté des autorités officielles, un bilan sera dressé dans les jours à venir, mais le sujet devient de plus en plus inquiétant et la crise sanitaire mondiale du coronavirus empire les choses. Incroyable, mais vrai. Malgré le nombre des vedettes brulées dans l’ile depuis la fermeture des frontières maritimes à cause de la Covid-19, le trafic reprend de plus belle, sans relâche. A qui la faute ?
Nabil Jaffar
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