A l’heure où les autorités s’attèlent sur les mesures d’allègement du coût de la vie des citoyens face à la crise sanitaire de covid-19, les agents des impôts au niveau d’Anjouan sont sur terrain pour les taxes routières à payer, « coute que coute », après le ramadan. Les chauffeurs, eux, voient dans cette présence un acharnement.
La présence des agents des impôts sur terrain, à Anjouan, est perçue comme une « menace » chez certains chauffeurs de taxi qui disent en effet craindre la prison s’ils n’arrivent pas à payer aussi bien les taxes que les prêts bancaires à cause des recettes en chute libres, surtout depuis la fermeture des écoles et la réduction des effectifs dans les sociétés d’Etat. « Nous craignons la prison à cause de l’incapacité à rembourser nos banques et voilà que les agents de l’Agid (l’administration des impôts) sont sur le terrain pour nous intimider », fulmine Cissé, ce chauffeur que nous avons rencontré sur les routes de Mutsamudu.
« Pour moi, la voiture m’appartient. Je ne dois rien à personne toutefois je roule à perte. Mais je connais beaucoup d’amis qui ont pris des millions à la banque, et n’arrivent pas à payer. Donc je comprends leur frustration quant à la présence des agents de l’Agid sur le terrain », nous confie un autre qui y voit une « provocation », car, « le président a pris un décret indiquant que la date limite, c’est le 31 mai 2020. Donc, je ne vois pas pourquoi ces agents s’adressent dès maintenant à nous, contribuables, surtout avec ce ton ». Nous étions témoin oculaire d’une mise en garde d’un agent de l’Agid à un chauffeur : « il faut vous préparer. Juste après le ramadan, on ne va pas rigoler ».
Les transporteurs en commun, quant à eux, considèrent que le gouvernement ne les accompagne « pas du tout ». Ils attendaient « un geste » consistant à « baisser le prix du carburant » par exemple. Eux aussi, l’attitude de ces agents leur donne des fourmis dans les jambes. Pendant ce temps, la hiérarchie de l’Agid tente de calmer la situation, en avançant qu’il s’agit d’une sensibilisation mais que si un de ses agents tient des propos déplacés, « ça n’engage que lui ». « Nous devons accompagner nos contribuables et non les affoler ou les harceler » conclut notre interlocuteur.
Nabil Jaffar
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
