La polémique autour de l’Acompte sur Impôt (AI) à l’importation était au cœur du café de presse organisé ce mardi 15 septembre par le ministère des Finances. Alors que les organisations patronales dénoncent une hausse jugée pénalisante pour les importateurs, le gouvernement assume le maintien de la mesure, tout en reconnaissant la nécessité d’en ajuster certains paramètres. Les responsables des Impôts et des Douanes défendent un dispositif destiné, selon eux, à lutter contre le secteur informel et à renforcer la mobilisation des recettes publiques.
Le ministre des Finances, Moussa Abderemane, a expliqué que la rencontre avec la presse visait à instaurer un dialogue direct et transparent avec les médias, tout en permettant au gouvernement de présenter les réformes engagées dans la gestion des finances publiques. Il a souligné que l’assainissement et la modernisation de ces finances constituent une priorité pour renforcer la capacité de l’État à financer les services publics, les infrastructures et les secteurs prioritaires de notre économie et, plus largement, à répondre aux attentes légitimes de nos populations. Il a insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources, d’améliorer leur gestion et de renforcer la discipline budgétaire. Selon lui, les efforts portent notamment sur l’élargissement de l’assiette fiscale, l’amélioration du recouvrement, la modernisation des procédures et la lutte contre les pertes de recettes, avec l’objectif de construire un système fiscal plus efficace, équitable et transparent.
Pour lui l’amélioration des recettes doit nécessairement aller de pair avec une meilleure qualité de la dépense publique. « Mais mobiliser davantage de recettes n’a de sens que si nous améliorons également la qualité de la dépense publique. C’est tout l’enjeu de la discipline et de la gestion budgétaires. Nous devons renforcer la programmation, améliorer le suivi de l’exécution budgétaire, mieux maîtriser les dépenses et veiller à ce que chaque ressource publique soit utilisée de manière efficace et conforme aux priorités nationales. La transparence budgétaire constitue, à cet égard, un principe essentiel », a-t-il souligné. Il a indiqué que les réformes des finances publiques s’inscrivent dans la durée et nécessitent constance, rigueur et volonté politique, tout en reconnaissant que des efforts restent encore à fournir.
Revenant sur la note relative au prélèvement de l’AI à l’importation, le ministre le justifie. « La note, comme vous le savez, c’est pour lutter contre le secteur informel. C’est ce qu’on fait. Maintenant, il reste à revoir les paramètres, car c’est un système informatique. Ce qu’on a constaté, c’est qu’il y a des membres qui ne sont pas sur la liste des entreprises formelles. L’administration va le corriger. Mais la note reste en vigueur », a-t-il confirmé. Le directeur général des Impôts, Athoumani Abdou Mmadi, a présenté les principales réformes engagées, notamment la réforme de la loi de finances et la digitalisation de l’administration fiscale, destinées à renforcer la transparence et moderniser les services. « Nous avons réformé la loi afin d’améliorer l’administration fiscale. Nous avons aussi suivi l’évolution du monde informatique en mettant en place la digitalisation dans l’administration fiscale. Dans quelques jours, les gens auront la possibilité de payer leurs impôts sans venir au service des impôts. Notre but est de mettre de la transparence dans nos travaux. C’est-à-dire que tous les Comoriens comprendront ce que nous faisons en tant que direction des Impôts », a-t-il expliqué.
Abordant la note relative à la modification substantielle du tarif douanier, le patron des Impôts s’est dit étonné de la réaction des organisations patronales. Il estime qu’il convient d’abord de déterminer qui est réellement considéré comme importateur afin de comprendre qui est concerné par le prélèvement de l’AI à l’importation. « Je vous rassure tout ce qui est formel ne paie pas. En gros, cette modification vise à en finir avec les entreprises informelles », a-t-il souligné.
De son côté, la directrice générale du Budget, Hadidja Mohamed Darouech, a apporté des éclaircissements sur la transparence dans la gestion du budget de l’Etat. « Il faut savoir que tout budget public commence par une loi de finances. Celle-ci est adoptée par l’Assemblée nationale, puis promulguée par le chef de l’État. C’est de la transparence. Quant à son utilisation, elle est destinée au développement de notre pays, mais aussi aux subventions accordées aux institutions. Je prendrai l’exemple des organes de presse de l’État », a-t-elle expliqué. Elle a également tenu à rassurer sur le niveau de la dette intérieure, qu’elle estime à 27%, un niveau qu’elle juge acceptable pour le pays.
Quant au directeur général des Douanes, Djanfar Salim, il a salué l’initiative d’organiser ce café de presse. Selon lui, son institution travaille dans le respect des réformes mises en place, notamment celles relatives à l’AI à l’importation et aux différentes procédures douanières. Il a également tenu à préciser que la Direction générale des Douanes ne dispose pas du pouvoir d’augmenter les tarifs douaniers. Revenant sur la note en question, il a rappelé que la mesure découle d’une loi promulguée en janvier 2025 et qu’elle aurait dû entrer en vigueur depuis cette date.
Nassuf Ben Amad
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