Depuis quelques jours, un bras de fer s’installe au port de Bangoma à Mohéli entre les dockers, la société comorienne des ports (SCP) et les camionneurs sur la manière de travailler, mais surtout sur les taxations. La chambre de commerce de Mohéli (CCIAM) tente de jouer la médiation mais chaque groupe campe sur sa position. Une réunion de haut niveau est prévue pour dénouer la crise.
Jeudi dernier, la Chambre de commerce avait réuni dans ses locaux les représentants des dockers, de la SCP et des camionneurs pour faciliter le dialogue entre ces différents protagonistes. Le but est d'harmoniser les conditions de travail sur l’accès maritime de Bangoma. En effet, ces derniers temps, le port de Bangoma est devenu le nouveau théâtre du racket et d’extorsion entre ses usagers. Les dockers qui gagnent déjà péniblement leur vie en travaillant dans des conditions difficiles sont contraints de payer une redevance de 50% aux autorités portuaires. Laquelle redevance est instituée sur les trois ports alors que « les conditions de manutention ne sont pas les mêmes » réclame-t-on.
Les chauffeurs de camions quant à eux, se révoltent également. « On nous fait payer un ticket de 500 fc au portail chaque fois que nous voulons entrer au port pour transporter des marchandises. Ce qui n’est pas le cas à Moroni où on paye un seul ticket pour toute la journée » se plaint un conducteur de camion à cette réunion. L'on apprendra qu'un camionneur a droit à un chargeur alors que ceux de Bangoma veulent entrer avec parfois plus de 4 chargeurs car ce sont eux qui embarquent le camion au lieu des dockers, « d’où le surplus de ticket à payer » explique un responsable de la SCP. Pour les commerçants, les frais du dédouanement ne sont plus à leur niveau. Une des raisons qui explique la flambée des prix dans les magasins. La SCP ne fait qu’appliquer les textes qui leur sont soumis.
Face à cet imbroglio, le président de la chambre de commerce de Mohéli a jugé nécessaire de convier tous les usagers du port, à une réunion d'échange afin de trouver une solution consensuelle. « Notre rôle c'est de réunir toutes ces structures autour d'une table afin de trouver une solution à ces conflits » explique Toihir Mohamed, Responsable administratif de la CCIAM. La réunion s'est déroulée en présence du directeur de cabinet du gouverneur qui compte organiser une autre grande réunion de haut niveau pour plancher en profondeur sur la problématique. Entre temps, un compromis de réduction de la redevance à 40% a été trouvé après quelques échauffourées mais les dockers exigent une redevance de 10%.
Riwad
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