Le ministre comorien des affaires étrangères a participé le 31 mars dernier à la conférence inaugurale du Centre de Recherche sur la Prévention des Enfants-Soldats à Dakhla au Maroc. Cette dernière va donner un aperçu de la situation des enfants soldats tant au niveau académique que sur le plan des orientations politiques.
Le royaume du Maroc a inauguré le 31 mars dernier le centre de recherche sur la prévention des enfants-soldats. Selon les chiffres, les enfants participent à près de 75% des conflits dans le monde tandis que plus de 460 millions d’entre eux vivent dans une zone de conflit. Et aujourd’hui, les droits des enfants dont violés au quotidien et à l’échelle internationale. Présent dans cette cérémonie le ministre comorien des affaires étrangères montre que l’heure est grave. « Les chiffres sont alarmants et choquants. Près de 65% de nos enfants sont exposés au risque de recrutement dans les conflits armés, alors que 21 000 enfants, dans certaines régions d’Afrique, ont été enrôlés, les 5 dernières années. C’est un désastre ! Quand on imagine que ces enfants qui ne demandent qu’exercer leur droit à une vie meilleure, sont exposés aux pires scenarios. Quand on imagine qu’au lieu de leur offrir un crayon pour dessiner, on leur remet des armes pour combattre. Quand on imagine qu’à la place d’un havre de paix, on les envoie au combat, au risque de leur vie et en proie à des atrocités telles que les violences sexuelles », déclare Dhoihir Dhoulkamal.
Le chef de la diplomatie comorienne montre que le monde ne doit pas rester silencieux, avec un langage diplomatique, encore moins indifférents face à cette accablante réalité. « Nous devons agir pour sauver ces milliers d’enfants qui représentent le fer de lance de l’Afrique de demain, cette Afrique que nous voulons meilleure et que nous projetons dans notre vision continentale, d’ici 2063 », poursuit-il.
Le centre a pour but de donner un aperçu de la situation des enfants soldats tant sur le plan académique que sur le plan des orientations politiques. La conférence laissera alors place à des initiatives innovantes notamment sur la mise en place d’un système capable de traiter de manière efficace, équitable et efficiente le cas du recrutement d’enfants soldat, de protéger les victimes et s’attaquer aux causes profondes de cette exploitation mais aussi à la dissémination de données à large échelle tant quantitatives que qualitatives, notamment sur des recherches portant sur le continent africain. « Par cette action, le Royaume du Maroc réconforte la vision de notre organisation panafricaine, de faire de la paix et la stabilité, les leviers d’une Afrique prospère, qui s’appuie sur sa jeunesse pour assurer son développement économique. Ce centre international de recherches est donc une chance pour l’Afrique dans son combat contre le recrutement des enfants-soldats, grâce notamment aux partenariats et à l’élaboration des programmes holistiques contre toutes formes d’embrigadement des enfants », dit-il. Et d’ajouter : « Mon pays, l’Union des Comores, Petit Etat archipélagique, situé dans une zone hautement stratégique, aux confluences des enjeux économiques mondiaux, se trouve en effet, à quelques kilomètres seulement de certains foyers de groupes armés, dans le canal du Mozambique. Par conséquent, nous mesurons toute la menace que cela pourrait représenter pour notre jeunesse en particulier, dans un contexte de plus en plus scandé par des conflits et des mouvements extrémistes violents ».
Kamal Gamal
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