Condamné pour diffamation, Nourdine M'Pati, alias Bachar, voit son état de santé se dégrader en détention, selon son avocat. Malgré plusieurs courriers adressés au parquet et au ministère de la Justice depuis août 2025, Me Djamal El-Dine Bacar affirme que son client n'a toujours pas bénéficié des examens médicaux spécialisés qui lui ont été prescrits.
C'est une affaire à la fois judiciaire et humanitaire. Incarcéré à la maison d'arrêt de Moroni où il purge une peine pour diffamation, Nourdine M'Pati, connu sous le nom de Bachar, attend que la Cour d'appel de Moroni statue sur son dossier, pendant devant cette juridiction depuis le 20 février 2026. Mais aujourd'hui, c'est son état de santé qui préoccupe sa défense. Joint par La Gazette des Comores, sonavocat, Me Djamal El-Dine Bacar, tire la sonnette d'alarme et dénonce une insuffisance de prise en charge médicale en milieu carcéral. Selon lui, son client doit subir en urgence un scanner (TDM) abdomino-pelvien et rénal, ainsi qu'une consultation spécialisée en urologie. Des examens qui, d'après la défense, ne peuvent être réalisés à la maison d'arrêt de Moroni, faute de plateau technique et de spécialistes.
« J'ai saisi les parquets, car le parquet est indivisible, pour cette urgence médicale à plus de six reprises. Le premier courrier date du 18 août 2025 et le dernier du 26 juillet 2026, adressé au ministre de la Justice avec copie au secrétariat général du gouvernement et à la Commission nationale des droits de l'homme et des libertés (CNDHL) », explique Me Djamal El-Dine. Il précise conserver les accusés de réception de ces correspondances. Interrogé sur les suites données à ses démarches, l'avocat se dit déçu. « Les courriers n'ont jamais produit de résultat satisfaisant, sinon nous n'en serions pas là. Les choses se font toujours à moitié et, parfois, je ne reçois aucune réponse », affirme-t-il.
Le Code de procédure pénale comorien prévoit pourtant des possibilités de mise en liberté provisoire pour raisons médicales.« Le Code prévoit effectivement une liberté provisoire pour motif médical, mais en faire la demande serait, selon moi, une peine perdue. Si obtenir une extraction sous escorte pour réaliser des examens est déjà difficile, je n'ose pas imaginer une remise en liberté, même temporaire », estime-t-il. Cette affaire relance la question du droit à la santé des personnes détenues, garanti par la Constitution de l'Union des Comores ainsi que par plusieurs instruments internationaux ratifiés par le pays, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
La défense rappelle également que, dans le cadre de la procédure d'appel en cours, son client bénéficie des garanties attachées au procès et demande qu'il puisse accéder aux soins nécessaires dans des conditions compatibles avec le respect de sa dignité. À ce stade, ni le parquet général ni le ministère de la Justice n'ont communiqué officiellement sur ce dossier médical. La CNDHL, destinataire d'une copie du dernier courrier de l'avocat en date du 26 juillet, n'a pas non plus rendu publique sa position. Me Bacar espère qu'une autorisation d'extraction médicale sous escorte sera rapidement accordée afin que son client puisse effectuer les examens prescrits. Selon lui, une telle mesure relèverait d'une décision humanitaire et n'aurait aucune incidence sur la procédure judiciaire en cours.
El-Aniou Fatima
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC