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des Comores

Affaire de cannabis à M’dé : Le parquet requiert une peine de 5 ans de prison

Affaire de cannabis à M’dé :  Le parquet requiert une peine de 5 ans de prison © : HZK-LGDC

Un franco-comorien poursuivi pour vente présumée de cannabis a comparu devant le tribunal correctionnel de Moroni. S’il reconnaît consommer des stupéfiants, il nie toute activité de trafic. De son côté, la défense dénonce une garde à vue irrégulière et une procédure jugée incohérente. Le parquet a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont trois mois ferme.


Laurent Jean, marié et père de quatre enfants, est poursuivi pour des faits qui se seraient produits dans la nuit du 9 avril à M’dé, selon l’ordonnance de renvoi. À la barre, il a livré sa version des circonstances de son interpellation. « Je m’apprêtais à prendre une douche lorsque la police municipale est intervenue à mon domicile, vers 21 heures », a-t-il déclaré. Il affirme avoir ensuite été conduit à la mairie, puis transféré dans la nuit à la gendarmerie. Avant même l’examen du fond, son avocat, Me Soilahouddine Soule Bacar, a soulevé une exception de procédure. Il conteste la régularité de la garde à vue, estimant que les conditions d’interpellation et de détention de son client ne respectent pas les règles en vigueur. Selon lui, le prévenu aurait été maintenu plus de 24 heures en garde à vue, puis retenu au total cinq jours à la gendarmerie. Une durée qu’il qualifie de « préjudiciable » et « injustifiée ».

 

Sur le fond, Laurent Jean rejette toute implication dans un trafic de cannabis. Il admet en revanche être consommateur. Pour appuyer ses déclarations, il indique avoir suivi une cure de désintoxication en Belgique entre 2022 et 2023, dans une démarche de prise en charge personnelle.

Dans ses réquisitions, le parquet de la République a requis cinq ans d’emprisonnement, dont trois mois ferme. Le ministère public a toutefois ouvert la voie à une réponse judiciaire adaptée, en sollicitant également un suivi sanitaire et éducatif pour le prévenu.

 

Dans sa plaidoirie, Me Soilahouddine Soule Bacar a insisté sur l’absence d’éléments matériels établissant la vente. « Mon client a été transparent : il reconnaît consommer, mais nie vendre », a-t-il déclaré, appelant le tribunal à lui accorder le bénéfice du doute. L’avocat a également mis en avant le parcours de soins de son client, plaidant pour une approche davantage axée sur l’accompagnement que sur la sanction. « La justice ne doit pas seulement punir, elle doit aussi aider à reconstruire », a-t-il soutenu. Le tribunal correctionnel a mis sa décision en délibéré au 16 avril prochain. D’ici là, la présomption d’innocence demeure. Selon le code pénal comorien, la vente de stupéfiants est passible de peines pouvant aller de cinq à dix ans d’emprisonnement ferme.

 

El-Aniou Fatima

 


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