La Gazette

des Comores

Affaire de vol à Itsoudzou : Un suspect sans auteur principal

Affaire de vol à Itsoudzou :  Un suspect sans auteur principal © : HZK-LGDC

Poursuivi pour complicité de vol portant sur 2 300 000 francs comoriens, quatre sacs de laiton et divers effets personnels, Mounir Rachid Mdoihoma a comparu devant le tribunal correctionnel de Moroni. Dans cette affaire, l’auteur principal présumé, Yasser Ibrahim, alias « Mystère », est décédé, laissant le dossier sans pièce maîtresse. Le parquet a requis l’application de la loi, tandis que la défense a plaidé la relaxe au bénéfice du doute.


L’audience, tenue le jeudi 16 avril 2026, a permis d’examiner des faits remontant à août 2025. Le vol en question concerne, outre la somme d’argent, un téléphone portable, un passeport et plusieurs sacs de laiton — un alliage de cuivre et de zinc couramment utilisé comme matière première. La partie civile, Idi Amine, était absente à l’audience. Selon les éléments du dossier, Yasser Ibrahim aurait loué le véhicule du prévenu pour se rendre à Itsoundzou. À la barre, Mounir Rachid Mdoihoma a expliqué être resté dans sa voiture pendant près de deux heures, attendant ses clients. « À leur retour avec des sacs de laiton, nous sommes rentrés à Moroni. Je n’ai fait qu’assurer la course convenue », a-t-il déclaré. Le prévenu précisé qu’un reliquat de 20 000 KMF lui était dû pour la location. « Yasser a mis du carburant pour 10 000 KMF. Pour le reste, il m’a remis un téléphone usé en guise de paiement », a-t-il affirmé, indiquant avoir ensuite offert l’appareil à un ami. Ce dernier aurait été contacté par la police judiciaire après identification du téléphone via l’opérateur Telma, révélant son origine frauduleuse.

 

Concernant l’instruction, Mounir affirme avoir coopéré avec les autorités, allant jusqu’à proposer d’accompagner le juge au domicile du principal suspect. Une démarche restée sans suite. Placé en détention provisoire, il dit avoir appris, trois mois plus tard, le décès de Yasser Ibrahim, tué à Madjadjou dans des circonstances distinctes. Une autre enquête est en cours sur ce décès, impliquant un certain Boudry, actuellement en détention. Au terme des débats, le ministère public a mis en avant plusieurs éléments troublants : le temps d’attente du prévenu et l’acceptation d’un téléphone dont la valeur serait disproportionnée par rapport à la dette restante. Pour le parquet, ces éléments constituent « des indices graves et concordants » de complicité, allant jusqu’à suggérer un rôle plus actif du prévenu. Il a requis l’application stricte de la loi.

 

De son côté, la défense, assurée par Me Yahaya Mohamed, a rejeté toute implication de son client. « Mon client n’a fait que son travail de taximan. Il a été confronté à une situation qui le dépasse », a-t-il soutenu, dénonçant un dossier reposant davantage sur des suppositions que sur des preuves concrètes. L’avocat a insisté sur l’absence de preuve matérielle directe et rappelé le principe fondamental selon lequel le doute doit profiter à l’accusé. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 21 mai prochain. En attendant, Mounir Rachid Mdoihoma reste en détention provisoire.

 

El-Aniou Fatima


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