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Affaire ENOUMECO : Le directeur adjoint suspendu par le ministère de l’Éducation

Affaire ENOUMECO : Le directeur adjoint suspendu par le ministère de l’Éducation © : HZK-LGDC

À la suite de l’exclusion brutale d’une élève de cinq ans, le ministère de l’Éducation nationale a décidé de suspendre le directeur adjoint de l’établissement privé ENOUMECO sis à Moroni. Cette décision intervient après la plainte du père de l’enfant, qui s’est indigné de retrouver sa fille livrée à elle-même dans l’enceinte de l’école, et après une correspondance officielle adressée au ministère de tutelle.


Dans une note de service du 12 janvier, le ministère de l’Éducation nationale annonce la suspension du responsable de l’administration scolaire de l’établissement ENOUMECO Moroni. « À l’issue des échanges entre le ministère de l’Éducation, le père de l’enfant et la direction de l’établissement ENOUMECO, le ministère décide comme suit : les relations administratives et pédagogiques entre l’ENOU­MECO et le ministère de l’Éducation sont suspendues jusqu’à la désignation officielle d’un nouveau chef d’établissement conformément aux procédures en vigueur. Tous les départements et services du ministère sont tenus de suspendre immédiatement tout acte, processus administratif ou légal nécessitant la signature ou l’intervention du chef d’établissement actuellement en fonction », précise la note.

 

La note indique également qu’« une procédure disciplinaire est ouverte à l’encontre du chef d’établissement concerné ». Par ailleurs, des mesures immédiates de protection et d’accompagnement de l’élève ont été mises en place par les services compétents du ministère, en coordination avec la famille, afin de garantir sa sécurité physique et psychologique, la continuité de sa scolarité dans un environnement sûr et respectueux, ainsi qu’un accompagnement pédagogique et, si nécessaire, psychosocial adapté à sa situation. De son côté, le père de l’enfant, Hassani Ibrahim, dit prendre acte de la décision de suspension prise par le ministère de l’Éducation, tout en affirmant ne ressentir aucune satisfaction personnelle. « Mon combat a toujours été celui de la protection de mon enfant et, au-delà, de la sécurité de tous les élèves dans nos écoles. C’est la seule cause qui importe ici », nous a-t-il confié.

 

Il souligne toutefois le contraste avec sa propre situation professionnelle. « Pendant que cette affaire est traitée, je continue de subir une injustice constante et coordonnée de la part du ministère des Affaires étrangères, notamment du ministre et de certains directeurs généraux », affirme celui qui est mis à la porte suite à un malentendu avec l’ambassade d’Arabie Saoudite à Moroni qui aurait fait pression à sa hiérarchie. Selon lui, « si certains cherchent à crier victoire aujourd’hui, c’est peut-être parce que cet acharnement hiérarchique contre moi porte enfin ses fruits en me fragilisant sur tous les fronts ». Il assure néanmoins rester debout « pour ma fille, pour mes trois autres enfants et pour mes droits, malgré les pressions et les injustices subies dans l’exercice de mes fonctions ». « Je reste engagé pour que plus aucun enfant n’ait à subir de tels traumatismes dans son parcours scolaire », ajoute-t-il.

 

Pour rappel, l’établissement privé ENOUMECO, institution bien connue de Moroni, avait décidé de radier brutalement une élève de CP pour retard de paiement. Le 8 janvier dernier, en raison d’un retard d’écolage lié à une situation professionnelle précaire de la famille, la fillette de cinq ans aurait été exclue de sa classe. Son père a livré un témoignage poignant : « Au lieu de me contacter pour que je vienne récupérer ma fille, l’école l’a laissée seule dans la cour, sans aucune surveillance », a-t-il dénoncé.

 

Nassuf Ben Amad


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