Les forces de l'ordre sont activement à la recherche d'un père de famille originaire de Mbadjini, soupçonné d'avoir agressé sexuellement une adolescente de 16 ans, nièce maternelle de son épouse. Les faits se seraient produits la semaine dernière. Une enquête judiciaire est en cours. Selon des sources judiciaires, la famille de la victime a déposé plainte dès qu'elle a eu connaissance des faits. Informé de la procédure engagée contre lui, le principal suspect aurait pris la fuite avant l'intervention des autorités.
« Dès que la famille de la victime a pris connaissance des faits, le présumé auteur a pris la fuite. Nous sommes actuellement à sa recherche », indique une source judiciaire ayant requis l'anonymat.
En raison de la sensibilité de l'affaire et afin de ne pas compromettre les investigations, les enquêteurs refusent de communiquer davantage d'informations. « Compte tenu de la gravité des faits et de la fuite du suspect, nous ne pouvons pas divulguer plus de détails. Cela risquerait de compliquer les recherches ou de lui donner un avantage », précise la même source. La victime, âgée de 16 ans, a été prise en charge et la partie civile s'est constituée dans la procédure engagée devant le parquet de Moroni. Contacté par La Gazette des Comores, le coordinateur des dix cellules d'écoute du pays rappelle que ces structures interviennent principalement dans l'accompagnement des victimes.
« Nos missions sont d'orienter, de sensibiliser et d'assurer la prise en charge des victimes lorsque les dossiers nous sont confiés », explique-t-il. Il regrette toutefois que de nombreuses affaires de violences sexuelles échappent au dispositif. « Beaucoup de familles ne passent pas par les cellules d'écoute. Elles s'adressent directement à la gendarmerie ou au parquet », déplore-t-il, tout en précisant que la recherche des auteurs présumés ne relève pas des cellules d'écoute. « Lorsqu'un suspect est en fuite, ce sont les services de police ou de gendarmerie qui sont chargés de le retrouver. Notre rôle consiste, le cas échéant, à saisir les autorités judiciaires lorsque le dossier est passé par nos services », souligne-t-il. Ils peuvent aussi alerter leurs homologues d'Anjouan ou de Mohéli lorsqu'il existe des indices laissant penser que le suspect pourrait s'y être réfugié.
Cette affaire intervient dans un contexte marqué par plusieurs dossiers de violences sexuelles sur mineures. Il y a deux semaines, une adolescente de 15 ans avait été victime d'une agression sexuelle collective à Mohoro. Les investigations se poursuivent toujours et un des suspects reste recherché.
Dans le dossier de Mbadjini, le fait que le mis en cause soit un proche de la victime, en l'occurrence le mari de sa tante maternelle, suscite une vive émotion parmi les associations de protection de l'enfance. Pour le coordinateur des cellules d'écoute, la lutte contre ces violences passe aussi par une plus grande libération de la parole. « Tant que les familles hésiteront à dénoncer ces faits, certains auteurs continueront de penser qu'ils peuvent agir en toute impunité. » Les recherches se poursuivent afin de localiser et d'interpeller le suspect, tandis que l'enquête judiciaire suit son cours.
El-Aniou Fatima
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