"Nous croyons en votre potentiel, et nous vous le disons aujourd’hui, avec force et solennité que le développement agricole ne se fera pas sans vous, avec des résultats tangibles et des perspectives prometteuses. L’inauguration de ces pistes agricoles n’est donc pas une fin, mais un nouveau départ, une promesse, une exigence, celle de ne laisser aucun village à l’écart du progrès, aucun agriculteur au bord du chemin, aucune femme ni aucun jeune sans espoir", a déclaré le président Azali Assoumani.
Le chef de l’État a procédé, ce jeudi 31 juillet, à l’inauguration de la piste rurale reliant Maweni à Helendjé, dans la région de Mbude. Cette infrastructure s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui aux filières d’exportation et au développement rural (AFIDEV), financé par l’Agence française de développement (AFD) à hauteur de 9,8 milliards de francs comoriens. Le projet comprend deux tronçons routiers : Maweni – Helendjé sur l'île de Ngazidja, Tsembehu –Chandra – Mremani – Ongoju à Anjouan, qui vise à améliorer et favoriser l’inclusion socio-économique et le développement des filières agricoles. « C’est ici, dans ce bastion agricole, que se concrétisent certains des plus grands engagements du gouvernement pour le développement rural », a souligné le chef de l'État. Il a notamment cité : la réhabilitation de la route stratégique Ntsaoueni – Maoueni, facilitant l’accès des zones enclavées aux marchés de Mitsamiouli et Moroni., la construction du Centre régional de développement économique (CRDE) de Maoueni, pierre angulaire de la transformation locale et de la coordination agricole sur Ngazidja, l’amélioration de l’accès à l’eau et à l’énergie à travers des projets communautaires intégrés, et, aujourd’hui, la mise en service de pistes agricoles structurantes, véritables corridors de croissance et de résilience pour les familles rurales.
Ces projets, a-t-il précisé, « ne sont pas le fruit du hasard mais s’inscrivent dans une vision nationale claire, articulée autour du Plan Comores Émergent (PCE) », qui fait de l’agriculture un pilier du développement économique, de la cohésion sociale et de la stabilité nationale. « Notre engagement envers cette région, symbole d’effort, de solidarité et de vitalité agricole, ne s’arrête pas à ce que nous avons accompli. Il s’approfondit et s’étend à travers une feuille de route claire pour les mois et années à venir », a-t-il assuré. Plusieurs projets structurants sont d’ores et déjà inscrits à l’agenda gouvernemental, en collaboration avec les collectivités locales, les institutions techniques et les partenaires au développement. « Là où l’État investit avec cohérence et respect, les citoyens répondent avec engagement et fierté. L’objectif est clair, créer les conditions d’une agriculture plus performante, plus résiliente, et porteuse pour chaque famille rurale. Car là où la terre est valorisée, la vie prospère », a poursuivi le chef de l’État. Il a insisté sur les investissements consentis en infrastructures, équipements, renforcement des capacités humaines et surtout dans l’amélioration des conditions de vie des producteurs et entrepreneurs locaux.
Prenant la parole, l’ambassadeur de France sortant, Sylvain Riquier, a rappelé l’importance stratégique du secteur agricole aux Comores. « L’agriculture emploie une part importante de la population active, dont une majorité de femmes, génère près de la moitié du PIB national et la quasi-totalité des recettes d’exportation », a-t-il rappelé, en citant les données de la Banque mondiale (2022). « Ce potentiel reste freiné par une contrainte majeure, l’état du réseau routier, notamment en milieu rural, qui limite les échanges, ralentit la circulation des biens et pèse sur la vie quotidienne », a-t-il poursuivi.
C’est pourquoi l’amélioration de l’accès aux zones rurales est au cœur de l’appui apporté par la France au développement agricole comorien. L’investissement dans les infrastructures, et en particulier dans les pistes rurales, constitue un levier puissant, pour désenclaver les villages, stimuler la production, réduire les coûts de transport, améliorer l’accès aux services de base et générer de l’emploi.
« Aujourd’hui, nous célébrons un résultat concret de ce partenariat dont la réhabilitation de près de 9 kilomètres de pistes rurales sur les îles d’Anjouan et de Grande Comore, pour un montant global de près de 4 millions d’euros, soit environ 1,96 milliard de francs comoriens », a-t-il précisé. Sur l’île de Ngazidja, 3 kilomètres de pistes ont été aménagés pour un coût de plus de 590 millions de francs. Ces pistes, larges de 4,5 mètres, permettent désormais le croisement de deux véhicules dans des conditions de sécurité et de confort accrues une avancée inédite aux Comores qui s’approche des standards d’une route rurale moderne.
Nassuf Ben Amad
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