À Mohéli, le verger hybride de Ndrondroni, autrefois destiné à fournir des plants pour renouveler la filière coco, se dégrade progressivement. Vieillissement des arbres, maladies, parasites et coupes de bois ont considérablement réduit son potentiel. Les services agricoles tentent désormais de relancer le site avec de nouvelles semences et de jeunes plants.
Dans le sud de Mohéli, la cocoteraie de Ndrondroni ne ressemble plus à celle des premières années du projet. Sur les quatre parcelles aménagées à l’origine, l’une a complètement disparu et les trois autres présentent un niveau de dégradation important. Le constat a été dressé dimanche 16 août lors d’une visite sur le site. Créé au début des années 1980 dans le cadre du Projet cocotier, notamment avec les variétés « nain jaune » et « nain rouge » de Malaisie, le verger a ensuite été complété dans les années 2000 par la variété GOA (Grand Ouest Africain), avec l’intervention du Centre d’enseignement, de formation et d’appui au développement rural (CEFADER). L’objectif était de constituer un verger semencier capable de fournir du matériel végétal adapté aux conditions locales et de contribuer au renouvellement des anciennes plantations. Plus de 60 000 plants avaient été installés sur les quatre parcelles. Plusieurs décennies plus tard, une grande partie de ce patrimoine a disparu. Les cocotiers encore présents montrent, par endroits, des signes d’affaiblissement, avec notamment des feuilles jaunissantes et une production qui semble avoir diminué.
Pour Mouhidine Boura Bacar, délégué chargé de l’Agriculture de Mohéli et originaire de Ndrondroni, les problèmes phytosanitaires figurent parmi les principales causes de cette dégradation. « La plupart de ces arbres sont attaqués par des parasites ou encore des maladies phytosanitaires qui les affaiblissent au fur et à mesure », explique-t-il. À ces difficultés s’ajoutent les coupes de bois. Certains cocotiers sont abattus pour produire des planches et des chevrons destinés à la construction. Une situation que déplore le responsable agricole. La disparition progressive des arbres se ressent également dans les usages sociaux. M. Ben Youssouf Salim, venu de Fomboni chercher des noix pour le « Rambu » du grand mariage de son frère, dit avoir constaté un changement important. « Les cocotiers ont beaucoup vieilli et la majorité a disparu. Nous ignorons la cause exacte », témoigne-t-il.
Face à cette situation, les services agricoles ont engagé une opération de régénération avec le CRDE de Mlédjelé. « La semaine dernière, nous avons collecté deux camions de noix de coco afin d’intensifier les pépinières. Mais parallèlement, nous avons déjà planté 100 nouveaux cocotiers hybrides dans cet espace », précise Mouhidine Boura Bacar. Ces jeunes plants devront progressivement remplacer les arbres disparus. Leur croissance nécessitera toutefois plusieurs années avant d’assurer une production significative. Le suivi phytosanitaire, la protection des arbres encore productifs et la limitation des coupes apparaissent donc essentiels pour préserver ce patrimoine. À Ndrondroni, la relance de la cocoteraie s’annonce ainsi comme un chantier de longue haleine. Les 100 nouveaux plants constituent un début, mais restent loin des quelque 60 000 arbres initialement installés.
Riwad
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