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Artisanat : Djaé Fabrication, l’artisanat au cœur de la réussite

Artisanat : Djaé Fabrication, l’artisanat au cœur de la réussite © : HZK-LGDC

À Ngazidja, Moustoifa Ali Djaé, fondateur de Djaé Fabrication, perpétue depuis huit ans la tradition de la sandale comorienne à travers une entreprise légalement enregistrée. Spécialisé dans la confection artisanale de chaussures en cuir pour tous les âges, il a transformé une passion d’enfance en activité rentable, particulièrement dynamique durant le Ramadan et les périodes festives.


Djaé Fabrication est une entreprise comorienne spécialisée dans la création de sandales traditionnelles de haute qualité. Fondée par Moustoifa Ali Djaé, passionné d’artisanat et attaché au patrimoine culturel comorien, l’entreprise propose des modèles uniques et élégants tels que les sandales « Dorosso », « Djibuwe » et « Itswadaho ». L’artisan conçoit des chaussures pour tous les âges : bébés, enfants, adultes, hommes et femmes. « Je fabrique pour tout âge : bébés, enfants, adultes, hommes et femmes », a-t-il indiqué. Sa collection met en valeur des matériaux nobles comme le cuir, soigneusement travaillé pour créer des pièces authentiques et confortables. Chaque paire reflète le savoir-faire local à travers des motifs et des finitions inspirés de la nature, souvent ornés de fils dorés stylisés, caractéristiques de l’art comorien.

Au-delà de l’activité commerciale, c’est l’histoire d’un homme qui vit pleinement de son métier. Marié et père de deux enfants, Moustoifa Ali Djaé a réussi à bâtir une vie stable grâce à son travail. « C’est ma vie. Mon épouse et mes deux enfants vivent grâce à mon métier. Grâce à cette activité, j’ai pu acheter et construire une maison. C’est un véritable accomplissement pour moi », a-t-il confié. À ses débuts, Djaé Fabrication n’était qu’une modeste maison de fabrication de chaussures. Aujourd’hui, huit ans après sa création, l’entreprise est officiellement enregistrée auprès de l’État comorien. « Mon entreprise paie des impôts comme tant d’autres et possède tous les documents administratifs conformes aux normes », a expliqué l’artisan. Son parcours a commencé presque comme un jeu, lorsqu’il s’est initié au travail du cuir dans son enfance.

Avec le temps, la passion s’est installée durablement. Soucieux de perfectionner son savoir-faire, il a même suivi des formations à Dar es-Salaam afin d’améliorer ses techniques. Lorsqu’il travaille, la précision de ses gestes impressionne. Armé d’une grande aiguille, il assemble chaque pièce avec patience et minutie. Chaque sandale est le fruit d’un travail méticuleux nécessitant concentration, rigueur et maîtrise technique. Certaines périodes de l’année sont particulièrement favorables à son activité. De juin à août, en décembre et surtout durant le mois de Ramadan, la demande connaît une forte hausse. « La période du Ramadan équivaut à plusieurs mois de travail normal, tant la demande est forte pour les sandales traditionnelles », a-t-il affirmé.

Pendant cette période, il peut fabriquer entre six et neuf paires de chaussures par jour. Toutefois, il respecte les principes du mois sacré et ne travaille pas la nuit, privilégiant le temps en famille et les moments de prière.Le talent de l’artisan ne se limite plus à Ngazidja. Djaé Fabrication reçoit également des commandes en provenance des autres îles, notamment Ndzuwani et Mwali, mais aussi de Maore et même de France. Preuve que l’artisanat comorien, lorsqu’il est structuré et valorisé, peut rayonner au-delà des frontières nationales.

El-Aniou Fatima

 

 


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