Vingt-et-un accidents, dont cinq mortels, ont été recensés durant le mois de Ramadan en Grande Comore. Un bilan jugé « catastrophique » par la brigade routière, qui pointe des défaillances dans la délivrance des permis, les excès de vitesse et la fatigue des chauffeurs comme principales causes.
Le mois de Ramadan 2026 a été marqué par une hausse inquiétante des accidents de la route. Selon Mohamed Ahamada Moussa, commandant de la brigade routière, 21 accidents ont été recensés sur l’île de la Grande Comore durant cette période. Parmi eux, 4 ont été mortels et 6 ont entraîné des blessures graves. « Le bilan est catastrophique par rapport à l’année dernière », a-t-il alerté. Les accidents mortels ont été enregistrés à Nioumadzaha ya Bambao, Wela, Hahaya et Panda, chacune de ces localités ayant déploré une perte humaine. Sur les six accidents qualifiés de « graves corporels », l’un a finalement eu une issue fatale. Une victime dans la région de Mbadjini est décédée quelques jours après le drame, portant à cinq le nombre total de morts liés aux accidents de la circulation durant le Ramadan.
Pour la brigade routière, trois facteurs principaux expliquent cette situation : une délivrance jugée irrégulière des permis de conduire, les excès de vitesse et le manque de sommeil chez les chauffeurs, notamment dans le transport en commun. Concernant les permis, le commandant pointe des dysfonctionnements majeurs. « Nous avons notre part de responsabilité. Mais le service des permis doit également assumer la sienne », a-t-il déclaré. Il rappelle que la progression devrait être encadrée : permis de tourisme, puis, après trois ans sans infraction, accès au permis de transport, et enfin, après cinq ans, au permis poids lourd. « Ce délai n’est pas respecté », déplore-t-il, évoquant des cas où certains conducteurs obtiennent rapidement des autorisations sans expérience suffisante. Une pratique qu’il juge dangereuse et susceptible de coûter des vies.
Autre facteur : la vitesse excessive. Le commandant souligne un paradoxe lié à l’amélioration des infrastructures routières. « Plus la route est en bon état, plus certains chauffeurs roulent vite, notamment dans des zones comme Mbadjini ya Djouwu », explique-t-il. Une situation qui, selon lui, favorise les accidents graves. Le manque de sommeil constitue en outre un risque majeur. Le responsable décrit des conditions de travail éprouvantes pour les chauffeurs de taxi-brousse. « Certains quittent leur domicile entre 1 heure et 2 heures du matin pour arriver à Moroni vers 4 heures, après avoir travaillé jusqu’à 22h la veille », souligne-t-il. Une fatigue accumulée qui augmente considérablement les risques d’endormissement au volant. Face à ce constat, le commandant appelle à une mobilisation collective. Il invite notamment le syndicat de transporteurs, Wusukani wa Masiwa, à encadrer davantage les horaires de travail. « Il s’agit d’un fléau qui cause de nombreuses pertes humaines, aussi bien pendant le Ramadan que le reste de l’année », insiste-t-il.
El-Aniou Fatima
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