La campagne nationale de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), organisée du 26 au 28 novembre 2025, s’est soldée à Mohéli par des résultats bien en dessous des attentes. Entre incompréhension, rumeurs et réticence parentale, la couverture vaccinale contre le cancer du col de l’utérus chez les jeunes filles de 9 à 14 ans a peiné à décoller.
La campagne de vaccination contre le HPV, menée simultanément sur les trois îles, n’a pas rencontré l’adhésion espérée à Mohéli. Lors d’une conférence de presse tenue le mardi 2 décembre au CHRI de Fomboni, le gynécologue Dr Mohammed Boinariziki a livré un bilan jugé « mitigé ». Sur l’ensemble de l’île, seules 37,9% des jeunes filles ciblées ont été vaccinées, soit 1 675 bénéficiaires. Dans la région de Fomboni, la couverture atteint 22,9%, correspondant à 792 filles vaccinées, dont 720 en milieu scolaire et 72 dans la communauté. Le district de Djando affiche un total de 524 jeunes vaccinées, avec une large majorité recensée dans les écoles (508 contre 16 dans les quartiers), soit un taux de seulement 6,2% de la population cible. À Nioumachoua, la campagne a obtenu de meilleurs résultats avec 359 jeunes filles vaccinées, dont 335 à l’école, représentant 36,9% de couverture.
Face à ces chiffres, Dr Boinariziki a rappelé l’importance cruciale de ce vaccin. « Il s’agit d’une prévention contre le cancer du col de l’utérus, un réel problème de santé publique. Le vaccin n’est pas expérimental, c’est un moyen de protéger nos filles d’une maladie grave », a-t-il insisté. Les Comores figurent en effet parmi les cinq pays africains les plus touchés par ce cancer. Selon une étude de l’ACCF, 163 nouveaux cas sont enregistrés chaque année, avec un taux de mortalité qui atteint 28 pour 100 000 femmes. « Ces chiffres sont alarmants. C’est un problème sérieux et triste », a martelé le gynécologue. L’objectif de cette campagne était également de profiter de la disponibilité du vaccin, souvent difficile à obtenir en raison de son coût élevé.
Sur le terrain, les équipes ont cependant fait face à une forte réticence. Mme Sabena Soulaymana, sage-femme diplômée d’État, témoigne : « Beaucoup de parents ne comprenaient pas pourquoi une signature était exigée cette fois-ci. Ils ont cru que quelque chose n’était pas normal. D’autres ont été influencés par les fausses rumeurs circulant sur les réseaux sociaux et dans les places publiques ». Malgré ces obstacles, les autorités sanitaires espèrent qu’une meilleure sensibilisation permettra d’améliorer les résultats car le vaccin sera mis en routine gratuitement.
Riwad
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