La Gazette

des Comores

Cas de tortures sur Saleh Assoumani / La CNDHL s’engage à se renseigner

Cas de tortures sur Saleh Assoumani /  La CNDHL s’engage  à se renseigner © : HZK-LGDC

Saleh Assoumani, membre du Mouvement Hury a bénéficié d’une liberté provisoire, il y a 3 semaines après 5 mois de détention. Le 23 septembre dernier, sur le réseau social Tweeter, il a publié un message glaçant : « 3 jours sans nourriture, 55 jours dans une cellule de 1m80 sur 1m50, sans lumière ni toilettes… ». Plus tard dans la même journée, cette fois sur Facebook, il est revenu sur les conditions de son interpellation : « le soir du 23 avril, vers 23h00, on m’a mis une cagoule et forcé à courir, ensuite embarqué dans une voiture, position prosternée, j’étais roué de coups et Rangers sur la nuque (sic) ». Ces témoignages ont relancé le débat sur les actes de tortures perpétrés en Union des Comores, souvent par des personnes dépositaires de l’autorité publique.


Interrogée sur cette question, la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL) a promis de « se renseigner et si nécessaire d’engager une procédure ». La présidente de la CNDHL, Sittou Raghada Mohamed a déclaré : « nous sommes là pour nous assurer que les droits des détenus sont respectés. Et dans pareil cas, nous devons avoir des indices palpables, rassembler certains éléments qui peuvent déterminer si vraiment ce qui a été dit est bien réel, avant de prendre une décision », avance Sittou Raghada, avant d’ajouter « nous n’avons pas la latitude de crier à chaque fois qu’un détenu parle. Si nous voulons jouer à ce jeu, chaque jour qui se lève, nous ferons des déclarations ».

 

Face à la sortie de Saleh Assoumani, la présidente du CNDHL s’engage à se renseigner et si nécessaire, à engager une procédure. « Nous devons savoir quel genre de tortures il a subis, pourquoi et comment », a-t-elle indiqué. La présidente a par ailleurs tenu à préciser aussi que « la CNDHL ne diligente pas des enquêtes, il y a des juges qui sont là pour cela ». Sans doute dit-elle vrai. Mais selon l’article 8 de la loi relative à la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Citoyens, celle-ci est habilitée à « ester en justice sur toutes les violations avérées des Droits de l’homme, notamment au nom des victimes desdites violations ». L’on peut, à la lumière de ce qu’avance la patronne de la CNDHL, se demander comment prouver que l’on a été affamé 3 jours durant... Mais un Chamsoudine Soudjay (lui aussi membre du Hury) a été violemment battu comme beaucoup d’autres anonymes qui n’ont pas osé en parler. Elle devrait comme la loi l’y autorise, effectuer des visites inopinées dans les lieux de privation de liberté. Elle serait peut-être surprise « d’être étonnée ».

 

Kamal Gamal

 


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