La 17e réunion de la Conférence des Parties (COP 17) à la Convention sur la diversité biologique (CDB), tenue à Erevan en Arménie, s'est ouverte à partir du 30 octobre, sous l'impulsion du Sommet des dirigeants et de l'adoption de la Déclaration d'Erevan « Agir pour la nature ».
L'objectif central des délibérations était d'accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal (GBF). Toutefois, tout au long des travaux, la question des moyens d'exécution et du financement est restée le principal point de friction entre les Parties. Pour les pays du Sud, en particulier les nations africaines et les Petits États insulaires en développement (PEID), l'alignement des flux financiers mondiaux constitue la condition indispensable à la réalisation des objectifs de conservation. Au cours des négociations, le Sénégal, par la voix de sa ministre de l'Environnement Aliou Gori Diouf, a co-animé les consultations ministérielles cruciales sur la mobilisation des ressources aux côtés de la Suède. L'Algérie a souligné qu'une extension significative des aires protégées nationales ne pouvait se faire sans ressources financières adéquates et des transferts de technologie effectifs.
Les Comores par le biais du secrétaire général du ministère de l’Environnement chargé du tourisme ont plaidé pour un financement plus accessible, prévisible et adapté à la gestion des aires nationales protégées. Sur le plan de la gouvernance et de la participation, les Fidji ont obtenu un compromis majeur, en permettant aux délégués de réaffirmé la nécessité de mobiliser des fonds spécifiques pour garantir la participation pleine et effective des pays en développement, avec une attention prioritaire portée aux PEID et aux pays les moins avancés. Par ailleurs, les débats sur la biodiversité marine et côtière sujet capital pour les États insulaires, ont été marqués par d'intenses discussions sur la reconnaissance des aires marines d'importance écologique ou biologique (EBSA) et leurs interactions avec l'Accord sur la biodiversité marine des zones situées au-delà de la juridiction nationale (Accord BBNJ).
Après des négociations nocturnes éprouvantes, la COP 17 s'est achevée le samedi 31 octobre. La séance plénière finale, ouverte tard dans la nuit du vendredi, a permis d'acter plusieurs décisions majeures après un blocage prolongé. L'un des succès emblématiques de cette clôture réside dans l'adoption du mode de fonctionnement de l'Organe subsidiaire relatif à l'article 8, alinéa j), consacré aux peuples autochtones et aux communautés locales. Un texte de compromis validé consacre le respect des procédures de nomination propres aux gouvernements autochtones, une avancée saluée par le Forum international autochtone sur la biodiversité (IIFB).
Concernant les Informations de Séquences Numériques (ISN) sur les ressources génétiques, les Parties ont convenu d'un texte organisant les travaux intersessions. Enfin, l'Assemblée a procédé à un vote à bulletin secret pour désigner l'hôte de la COP 18 (2028), attribuant l'organisation à Quito (Équateur) avec 55 voix contre 53 pour le Panama. Faute de temps, plusieurs dossiers complexes, notamment le mécanisme multilatéral mondial de partage des avantages du Protocole de Nagoya, ont été renvoyés à la COP 18.
Mmagaza
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