Le lancement du colloque international sur l’Éducation aux Médias, à l’Information et à la Citoyenneté Numérique (EMICn) s'est déroulé ce mardi 5 mai à Itsandra Beach Hôtel & Resort. L’événement organisé en collaboration avec le réseau des instances africaines des régulateurs de la communication (RIARC), a réuni les hautes instances de plusieurs pays du continent africain et de notre pays pour échanger sur les enjeux du numérique.
Dès l'ouverture du colloque, Andzongo Mennyeng Blaise Pascal a rappelé l'urgence d'une éducation aux médias : dans une Afrique où les réseaux sociaux redéfinissent la donne politique, il ne s'agit plus de subir les algorithmes, mais d'outiller les citoyens pour les décrypter. Le ton est monté d'un cran lors de la première séance de travail. Sous la médiation rigoureuse de Mamadou Oumar Ndiaye (Président du CNRA du Sénégal), des experts comme Ralitera Jay et El Amine Souef ont disséqué les mécanismes de la manipulation de l'information. L’enjeu étant de pouvoir faire face à la viralité de la désinformation transfrontalière, sachant que la réponse doit être collective.
« Nous ne voulons plus que nos jeunes soient des cibles passives, mais des acteurs responsables », souffle un délégué en marge des débats. Une philosophie qui s’est prolongée lors des échanges sur la sécurité numérique et la protection des données, où le Dr Dajé Mohamed et Taoufiki Mbaé ont alerté sur la nécessité de sanctuariser la vie privée des internautes africains.
L’après-midi a marqué le sommet protocolaire de l’événement. En présence du président Azali Assoumani qui a réaffirmé l’ambition des Comores : faire de l'éducation aux médias la « pierre angulaire » d'une démocratie moderne. Dans son discours, le chef de l'État a souligné que la bataille pour l'intégrité de l'information exige une mobilisation totale, des institutions jusqu'au citoyen : « Cet impact doit et devra se répercuter au niveau du département ministériel pour que l'éducation aux médias entre dans nos écoles, nos mosquées et nos quartiers », a-t-il martelé, avant d'appeler chaque organe de presse à faire de l'éthique sa « première ligne éditoriale » et chaque citoyen à devenir « le premier régulateur de son propre fil d'actualité ».
Dès la 2ème journée du colloque, les travaux déboucheront sur la déclaration de Moroni, un texte qui engagera les signataires à intégrer concrètement la citoyenneté numérique dans les programmes scolaires. Pour le Conseil National de la Presse et de l’Audiovisuel, le défi commence donc dès maintenant. Comme l'avait annoncé son président Aboubakari Boina, ce rendez-vous est le prélude à une vaste réforme nationale. Avec le soutien de leurs partenaires, le pays entend passer aux choses sérieuses dès le mois de juin avec des sessions de formation intensives et de sensibilisation. « Que nos échanges soient fructueux et porteurs d'avenir meilleur ! » a conclu Fatima Ahamada, la ministre de la promotion du genre, de la solidarité et de l'information, ancienne journaliste.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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