La région du Sud-ouest de l’Océan Indien rencontre des pertes énormes en matière de ressources halieutiques. Ce manque à gagner inquiète les partenaires qui s’engagent à travers le programme ECOFISH à relancer le secteur à hauteur de 28 millions d’euros sur financement de l’UE.
Selon la Banque Mondiale, le manque à gagner de la région du Sud-Ouest de l’Océan Indien en matière de ressources halieutiques est de 7,5 milliards de dollars américains par année. Une perte énorme qui inquiète les principales organisations et institutions de développement de la région. Ces dernières ont réitéré leur volonté de collaborer pour tirer profit de ce potentiel. Dans un communiqué de presse en date du 13 mai dernier, l’on apprend que les entités concernées se sont réunies pour le deuxième comité de pilotage du programme ECOFISH, au siège de la Commission de l’Océan Indien (COI), afin d’adopter les lignes directrices de leur coopération dans ce secteur pour les douze prochains mois.
La COI, le Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté de l'Afrique de l'Est (CEA), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), la Communauté de développement de l'Afrique australe(SADC), l’Agence du lac Tanganyika (ALT), l’Organisation de la pêcherie du lac Victoria (OPLV), la Commission des thons de l'Océan Indien (CTOI) et la Commission des pêches du sud-ouest de l’océan Indien (SWIOFC) sont les institutions concernées.
Vêlayoudom Mariamoutou, secrétaire général de la COI a lors de son allocution d’ouverture de cette réunion rappelé que ce partenariat, promu et financé par l’Union Européenne (UE) « contribuera à consolider les acquis des États de la région en faveur d’une pêche durable, génératrice de croissance et d’emplois » et que « toute notre action commune doit reposer sur le respect de nos diversités et la recherche constante de complémentarités. Elle doit aussi promouvoir un authentique esprit de partage et de solidarité qui constituent des valeurs cardinales dans notre mission collective de coopération ».
Si les partenaires s’unissent pour promouvoir la pêche durable à travers ce programme ECOFISH depuis juillet 2018, ce deuxième comité de pilotage a permis d’apprécier les réalisations dudit programme à ce jour. Et c’est la raison pour laquelle Geza Strammer, chef de la coopération de la délégation de l’UE auprès de la République de Maurice et de la République des Seychelles insiste sur le fait de « tirer des leçons des défis qui nous ont contraints à limiter nos activités et avancer des propositions qui nous permettront de faire face à la pandémie pour atteindre nos objectifs envers nos bénéficiaires ». Conscients de l’impact causé par la Covid-19, le comité incite, par la voix de Motseki Hlatshwayo, président en exercice du comité de pilotage d’ECOFISH, « les parties prenantes à trouver des moyens innovants pour assurer la continuité des activités, car la Covic-19 ne partira pas de si tôt ».
Lors de cette réunion du comité, l’assistance a, pour relancer et promouvoir le secteur, évoquer l’état des lieux des opportunités et des défis des pays cibles du programme en matière de pêche, la mise en place d’outils pour une prise de décisions plus avisées en termes de protection et d’exploitation des ressources de la région, et la relance du Programme régional de surveillance des pêches afin de lutter contre la pêche illégale. « Au niveau des communautés de la région, ECOFISH se félicite d’avoir identifié et soutenu neuf initiatives de démonstration par des subventions s’élevant à plus de sept millions d’euros. Ces projets incluent des actions de soutien à l’autonomisation économique des pêcheurs, outre les efforts visant à promouvoir la pêche artisanale », poursuit le communiqué. Le programme ECOFISH, qui devrait se poursuivre jusqu’en septembre 2024, bénéficie d’un financement de 28 millions d’euros de l’UE et on prochain comité de pilotage sera présidé par la COMESA.
Kamal Gamal
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