La Gazette

des Comores

Commémoration 12 novembre 1975 : Une journée mémorable

Commémoration 12 novembre 1975 : Une journée mémorable © : HZK-LGDC

Hier à l’Assemblée de l’Union a été célébré, en présence du chef de l’Etat, le cinquantenaire de l’adhésion des Comores au sein des Nations-Unies. Les organisateurs avaient mobilisé des centaines de scolaires en mettant l’accent sur la sensibilisation des générations futures. Il faut dire que le Comité Maore a fait le plein.


Cette célébration était surtout l’occasion de faire le point sur la question de la souveraineté nationale qui est encore inachevée par l’occupation de Mayotte, la quatrième île, par l’ancienne puissance coloniale. On a noté la présence de M. Youssouf Moussa figure emblématique du combat pour que Mayotte revienne dans son giron naturel. Originaire de cette ile où il réside de façon permanente, il symbolise aux yeux de l’opinion publique la constante selon laquelle « Mayotte est comorienne est le restera à jamais ». Lors de son allocution en langue nationale, il a reçu une stand-ovation des participants. Le représentant du Comité Maore Dr Mohamed Monjoin a souligné que célébrer le cinquantenaire de notre indépendance est pour nous, le moment d’une rétrospective des réalisations contre l’occupation illégale d’une partie de notre territoire national, mais aussi tous les échecs depuis cette journée historique du 12 novembre 1975. Et selon lui : « force est de constater que le combat pour notre souveraineté et intégrité territoriale a très peu évolué ».

Il a aussi tenu à « rappeler que la question de Mayotte est, plus que jamais, une cause nationale qui doit s’élever au-dessus des partis ». Il a cité des exemples de la solidarité agissante envers l’ile sœur après le cyclone Chido et a mis en exergue les multiples difficultés rencontrées pour mettre en œuvre cette solidarité. « Le leitmotiv du colon c’est la lutte contre l’immigration c’est-à-dire le refoulement systématique des originaires des îles sœurs en sachant qu’un brassage de plusieurs siècles lie la population des 4 îles. Même les séparatistes les plus virulents ont des origines venant des 3 autres îles, alors qu’on tolère, voire encourage, l’immigration des africains continentaux ou malgaches pour un projet de grand remplacement comme en Kanaky où la population autochtone est en passe de devenir minoritaire sur son propre sol. Il a enfin appelé les frères et sœurs maorais au dialogue, au refus de l’instrumentalisation de rivalités ancestrales et à comprendre que notre survie collective est conditionnée à la défense de notre unité nationale.

Ce fut l’occasion pour certains de se rappeler les paroles d’un président français qui lors d’un passage dans nos iles en juin 1990 disait que « je pense que dès maintenant nous devons prendre les mesures qui permettront une communication et des échanges constants entre Mayotte et les autres, les autres et Mayotte. Qu'il n'y ait plus de barrières dressées, barrières théoriques, mais peu franchissables, entre tous les Comoriens que vous êtes, eux et vous. Et que la France vous aide à retrouver votre très ancienne solidarité. Il est de multiples formes d'unité, croyez-moi, et nous allons les rechercher ».

Dans son allocution, le chef de l’Etat a fait allusion à ces paroles prononcées par François Mitterrand. Pour le président Azali : « Notre génération a le devoir sacré, de trouver une solution au contentieux de Mayotte, qui est la cause de ces milliers de nos compatriotes qui meurent chaque année dans le bras de mer qui sépare Mayotte et les autres iles. Notre destin est lié par l’unité géographique, culturelle, religieuse et identitaire et nous avons le devoir impératif de léguer aux futures générations de Comoriens et de Franco-comoriens un héritage harmonieux, susceptible de leur offrir la possibilité de vivre et de s’épanouir ensemble, dans la paix et l’harmonie. Nous misons ainsi sur le dialogue que nous avons entamé avec la France, partenaire historique de notre pays, tout en y associant nos compatriotes mahorais. Ce dialogue, nous le voulons équilibré et respectueux, pour trouver une solution dans le respect du droit et des intérêts de nos deux pays, la France et les Comores ».

Selon un analyste de l’évolution politique de l’archipel, il faudrait sortir des sentiers battus, du côté comorien, pour se dégager des stéréotypes qui correspondent à une autre période de notre histoire. Il pense, dans une certaine mesure, que la partie comorienne et la partie française se sont laissé « embarquer » dans la rhétorique des populistes maorais dont le dernier spécimen est représenté actuellement par dame Estelle Youssoufa et n’ont pas pu déterminer une vraie politique globale qui prenne en compte les spécificités de l’archipel ayant abouti entre autres aux naufrages mortels qui se déroulent chaque jour sous nos yeux dans un silence quelque peu assourdissant.

Mmagaza

 

 


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