La Gazette

des Comores

Commémoration des révoltés de Djomani Mboudé / Moussa Saïd : « Ils sont morts pour refuser la soumission dans notre pays »

Commémoration des révoltés de Djomani Mboudé  / Moussa Saïd : « Ils sont morts pour refuser la soumission dans notre pays » © : HZK-LGDC

Le Mouvement des Jeunes de Djomani Mboudé pour le Développement (MJDMD) a organisé hier mercredi 4 septembre une journée culturelle pour commémorer les révoltés qui ont combattu les colons au péril de leur vie pour l’élimination de l’impôt appelé « latête » vers 1915. Pour mieux comprendre l’histoire, une conférence a été animée par le professeur Moussa Saïd Ahmed dans le but de démontrer les origines et les impacts de cette révolte à Ngazidja.


A Djomani Mboudé, le professeur Moussa Saïd a remonté le temps à l’occasion d’une journée consacrée au souvenir des fiers guerriers des savanes ancestrales qui ont lutté contre le fameux Léon Humblot pour sauvegarder la tradition et la religion des Comores. Devant une poignée de notables de la région, l’historien explique que retracer les grands moments de l’histoire des Comores, c’est revisiter son passé afin de faire ressortir ses caractéristiques et suivre son évolution de sa naissance à nos jours. « Depuis longtemps, la tradition orale a perdu sa valeur dans ce pays. C’est pourquoi beaucoup de comoriens ignorent leur identité. Et dire que des auteurs français qui font des manuscrits racontant l’histoire de notre pays comme Jean Martin. Mais ils évitent de relater quelques récits qu’ils jugent désavantageux pour eux. Donc il est de notre devoir de les transmettre oralement, dans l’impossibilité de les transcrire », avance Moussa Said.

En 1885, quand Hublot débarque aux Comores, il trouva l’île de Ngazidja subdivisée en grandes lignées familiales Hinyapiroussa, Hinyamdobozi et Hinyafoimbaya. « Face à cette division, il était incapable de conquérir le pays. Donc il a voulu réunifier Ngazidja afin d’arriver à ses fins. Mais des grands guerriers s’y opposaient et la guerre éclata. Une guerre qui fut sanglante et coûta la vie aux célèbres Massihu et Mitsana et les autres combattants », poursuit-il, avant d’ajouter que « cet affrontement a permis aux comoriens de s’organiser pour protéger leur patrimoine ».

La révolte de 1915 à Ngazidja est célébrée chaque année le 15 juillet par le village de Djomani. Une façon de rendre hommage aux ancêtres qui ont perdu la vie en voulant défendre la liberté du pays. « C’est le moins que nous puissions faire, nous rappeler de leur vivant, de leur volonté et de leur force », souligne-t-il. Cet événement est également célébré en France par les comoriens afin de permettre aux générations futures de comprendre et d’apprécier l’engagement des ancêtres. Pour l’année prochaine, le village de Djomani Mboudé devrait officialiser cette commémoration au niveau de toute l’île.

Kamal Gamal

 


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