En déplacement à Mohéli à l’occasion de la cérémonie commémorative de l’Accord du 17 février 2001, symbole de la réconciliation nationale il y a vingt-cinq ans, le chef de l’État Azali Assoumani a annoncé qu’il transmettra le pouvoir à un natif d’Anjouan au terme de son mandat, le 26 mai 2029. Une déclaration censée rassurer l’opinion quant à son attachement au principe de la tournante et à l’unité nationale.
« La promesse sera respectée. » Le 26 mai 2029, Azali Assoumani, au pouvoir depuis 2016, cédera la place à un natif d’Anjouan. L’annonce a été faite à Mohéli, lors de la cérémonie commémorative de l’accord signé le 17 février 2001, considéré comme l’acte fondateur de la nouvelle architecture institutionnelle de l’Union des Comores au terme de plus de 3 ans de crise séparatiste. Devant les autorités civiles et militaires, notables et hauts fonctionnaires de l’Etat ainsi que des représentants de la communauté internationale, le chef de l’État a inscrit son intervention dans la continuité de cet esprit de réconciliation. Il a rappelé que la date du 26 mai constitue également un repère historique majeur dans l’évolution institutionnelle du pays. Selon lui, la stabilité politique et l’équilibre entre les îles demeurent des piliers essentiels de la construction nationale.
« Le 26 mai 2029, je céderai la place à un natif d’Anjouan, s’il plaît à Dieu », a-t-il affirmé. Par cette déclaration, il fixe une échéance claire et publique, réaffirmant son engagement à respecter le principe de la rotation de chacune des îles au sommet de l’État. Le choix de Mohéli pour faire cette annonce n’est pas anodin. C’est sur cette île que, le 17 février 2001, les acteurs politiques comoriens ont scellé un accord destiné à mettre fin aux tensions séparatistes et à refonder le nouvel ensemble comorien. Près d’un quart de siècle plus tard, le chef de l’État a évoqué cet héritage pour souligner la nécessité de préserver l’équilibre issu de cette réconciliation. En rappelant la date du 26 mai 2029, le président inscrit son mandat dans une perspective institutionnelle précise. Il ne s’agit pas d’une déclaration abstraite, mais d’un engagement inscrit dans le calendrier républicain. L’alternance annoncée au profit d’un natif d’Anjouan s’inscrit dans la logique de partage et de rotation entre les îles, conçue pour garantir la cohésion nationale.
Le chef de l’État a insisté sur la continuité de l’action publique et sur le respect des institutions. Il a présenté la rotation non comme une contrainte, mais comme un mécanisme de stabilité. Selon lui, l’unité nationale repose sur la confiance mutuelle et le respect des engagements pris au nom de la République. La référence à la réconciliation de 2001 confère une portée symbolique particulière à son propos. En célébrant vingt-cinq ans de paix institutionnelle relative, il a rappelé le chemin parcouru depuis les crises qui ont secoué l’archipel. Il a mis en avant la nécessité de consolider ces acquis par des actes concrets, dont le respect de la rotation constitue un élément central. Dans son intervention, le président a également invoqué la dimension spirituelle : « s’il plaît à Dieu », ancrant son engagement dans une perspective à la fois politique et morale. Cette formule, couramment employée dans le discours public comorien, souligne l’humilité affichée face à l’avenir.
À Mohéli, en ce 17 février commémoratif, le message est donc double : célébrer la réconciliation nationale et projeter l’avenir institutionnel du pays. En fixant dès maintenant l’échéance du 26 mai 2029, le chef de l’État entend rassurer et affirmer sa volonté de transmettre le pouvoir conformément à l’esprit de l’accord fondateur. Près de vingt-cinq ans après la réconciliation de 2001, l’annonce résonne comme un rappel des engagements pris pour maintenir l’équilibre entre les îles. Elle inscrit l’avenir politique de l’Union des Comores dans la continuité des principes qui ont permis de préserver l’unité nationale. Le discours d’Azali suffira-t-il à calmer les critiques de l’opposition qui continue à douter de ses intentions à 3 ans de la fin de son mandat.
Ibnou M. Abdou
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