Malgré le maintien de la grève des enseignants, l’administrateur intérimaire de l’université des Comores a organisé les concours dans les composantes IFERE, IUT et EMSP, pour la rentrée universitaire 2023-204. Et c’était des administrateurs qui ont fait passer les épreuves à la place des enseignants.
Alors qu’il devait trouver une solution pour sauver la rentrée universitaire compromise par une grève illimitée des enseignants, l’administrateur intérimaire n’a fait qu’empirer la situation, en organisant avec des membres de son administration les concours d’entrée dans les composantes IFERE, IUT et EMSP, sans les enseignants. Une situation qui n’a pas plu au Syndicat des enseignants de l’Université des Comores (SNEUC). Selon Abdou Said Mouignidaho, secrétaire général du syndicat les copies seront peut-être classés dans les armoires jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée avec les enseignants pour faire la correction. « Comme il avait convoqué les étudiants à passer les concours du 29 au 30 septembre dernier, il l’a fait avec ses administrateurs. Organiser des concours d’entrée universitaire sans les enseignants, c’est inacceptable. Mais ce qui est sûr, les enseignants ne vont pas corriger. Les copies seront classées dans les armoires jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée », avance-t-il.
Et de poursuivre : « le combat que nous menons, c’est pour le bien de notre enseignement supérieur. Nous voulons une administration digne de ce nom, avec un président et un conseil d’administration élus. Combien de fois, je dois répéter qu’on ne peut rester pendant 6 ans sans renouvellement des instances. Il y a des enseignants qui ne connaissent pas leur statut, pourtant ils enseignent depuis longtemps. Sans oublier l’absence d’un conseil d’administration et des autres organes des différentes composantes. Nous continuons la grève jusqu’à avoir gain de cause sur la deuxième revendication la loi portant orientation et organisation de l’enseignement supérieur, qui permettra l’élection d’un nouveau président de l’Udc et la mise en place du conseil d’administration et des autres instances ».
De l’autre côté, un enseignant à l’université des Comores se dit choqué par le comportement de l’administrateur principal de l’UDC. « Si c’était quelqu’un d’autre à la tête de l’administration, je serai étonné. Mais, Ibouroi Ali Tabibou c’est un ancien syndicaliste réputé qui a combattu pour l’éducation de notre pays. Je me demande où sont passées ses convictions. Il a oublié que sa nomination à la tête de l’administration de l’Udc en septembre 2020 avait pour mission d’organiser l’élection d’un nouveau président afin de mettre en place un conseil d’administration de l’Udc. Il devait être à côté du Sneuc afin que la deuxième revendication soit satisfaite. Mais, aujourd’hui, j’ai l’impression que c’est tout à fait le contraire », regrette-t-il. Et d’enchaîner : « Le Ibouroi syndicat qu’on avait connu n’est plus ».
Nassuf Ben Amad
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