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Conflit au Marché de Fomboni: Les petits commerçants dénoncent une pression fiscale devenue insoutenable

Conflit au Marché de Fomboni: Les petits commerçants dénoncent une pression fiscale devenue insoutenable © : HZK-LGDC

Face à la multiplication des prélèvements et à l'intervention de plusieurs administrations, les petits commerçants du marché de Fomboni tirent la sonnette d'alarme. Réunis le 28 juillet sous l'égide du Syndicat du secteur informel (CTTC), ils réclament davantage de transparence sur les taxes qui leur sont imposées et appellent les autorités à ouvrir un dialogue afin d'éviter un déclin progressif du principal marché de Mohéli.


Le malaise grandit au marché de Fomboni. Selon le Syndicat du secteur informel (CTTC), de plus en plus de petits commerçants désertent leurs étals pour poursuivre leurs activités depuis leur domicile. Une situation que le président du syndicat, Ayouba Mindhiri, attribue à une accumulation de prélèvements jugés excessifs au regard des revenus modestes des vendeurs. « La majorité d'entre nous déserte le marché et fait ses petits commerces chez soi », affirme-t-il. Pour les commerçants, le problème ne réside pas uniquement dans le montant des taxes, mais surtout dans la multiplication des organismes qui interviennent auprès d'eux. Selon le CTTC, les agents de l'AGID, ceux chargés du contrôle des prix ainsi que le Gouvernorat effectuent chacun des contrôles ou des prélèvements. Les vendeurs disent ne plus savoir quelle institution est compétente, quelles taxes sont réellement dues, ni sur quels textes juridiques elles reposent. Ils demandent également que soit clairement distinguée la fiscalité applicable des redevances liées à l'occupation du marché.

Les commerçants affirment ne pas refuser leurs obligations fiscales. Ils souhaitent cependant que celles-ci soient adaptées à leurs capacités financières et appliquées dans un cadre transparent. Ils estiment qu'un petit vendeur ne peut être soumis aux mêmes exigences qu'un opérateur économique de grande envergure. Le syndicat souligne par ailleurs qu'à Ngazidja et à Anjouan, les petits commerçants seraient principalement soumis aux taxes communales perçues par les mairies. Cette différence nourrit leur incompréhension et les pousse à réclamer une harmonisation ou, à défaut, des explications officielles sur les règles en vigueur à Mohéli. Ayouba Mindhiri affirme avoir adressé plusieurs courriers aux administrations concernées, sans obtenir de réponse satisfaisante. Le syndicat appelle désormais à une rencontre réunissant la mairie, le Gouvernorat et l'AGID afin de clarifier les responsabilités de chacun et les modalités de perception des taxes.

Selon le président du CTTC, la gouverneure estime que les commerçants qui occupent le marché public doivent assumer les obligations qui y sont liées et que ceux qui ne peuvent supporter ces charges sont libres de vendre ailleurs. Une position que les vendeurs contestent, estimant qu'elle risque d'accélérer le départ des petits commerçants et d'affaiblir durablement le marché de Fomboni. Pour le syndicat, seule une fiscalité claire, équitable et fondée sur le dialogue permettra de préserver l'activité économique du marché tout en garantissant les recettes des collectivités publiques.

Riwad


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