La toute première conférence intitulée « Le jeune musulman et son rôle dans la renaissance et la croissance des nations » s’est tenue jeudi dernier dans les locaux de Diwaniyat Al Hamadiyat, à Moroni. Animée par le professeur Ahmed Soudjayi, diplômé en études islamiques, cette rencontre a mis en avant la responsabilité spirituelle et sociale de la jeunesse musulmane.
À peine un mois après son inauguration officielle, Diwaniyat Al Hamadiyat, espace dédié à la promotion de la langue arabe, a accueilli ce jeudi le professeur Ahmed Soudjayi pour l’ouverture de son cycle de conférences. Placée sous le thème « La jeunesse musulmane et son rôle dans le renouveau et le développement des nations », cette première rencontre a marqué un moment de réflexion et d’échange. Dans son intervention, le professeur à l’Université des Comores, Ahmed Soudjayi : « Mon discours naît de mes pratiques, de mes observations nourries par mes méditations et ma compréhension du Coran. » Dans une atmosphère de recueillement et d’écoute, l’orateur a abordé la place du jeune dans le monde moderne, soulignant l’importance de sa contribution au développement des sociétés islamiques. Selon lui, les jeunes constituent une force motrice universelle, présente dans tous les domaines politique, économique et social « que ce soit en Chine, en Indonésie, en Amérique latine ou même chez nos voisins de Madagascar ». Ces exemples, a-t-il poursuivi, démontrent que la jeunesse se trouve toujours à l’avant-garde des luttes sociales et des mouvements d’émancipation.
Mais au-delà de cette énergie, il invite à une introspection : « Quel est le but de l’homme dans la vie ? Est-ce l’adoration de Dieu, la recherche du bonheur, ou la contribution au bien de la société ? ». Ces interrogations définissent selon lui, la voie du jeune musulman conscient de sa mission. Le conférencier a tenu à souligner que le phénomène de l’engagement des jeunes n’est pas nouveau. « Dans chaque révolution ou mouvement populaire, les jeunes se trouvent au premier rang, portés par leur quête d’absolu, leur courage et leur dynamisme », dit-il. Toutefois, il s’interroge : « Les jeunes sont-ils les véritables moteurs de l’histoire, ou simplement des instruments entre les mains de dirigeants habiles ? »
Dans son exposé, il évoque aussi la diversité des jeunesses musulmanes à travers le monde et déplore « le manque de documentation sérieuse » sur leurs réalités. Il regrette que « l’image souvent véhiculée ignore le jeune africain musulman, pourtant acteur héroïque de la lutte pour l’indépendance et la stabilité ». Il appelle ces jeunes à canaliser leur énergie vers « les efforts de paix et la reconstruction de leurs nations ». S’appuyant sur plusieurs versets, il affirme que la foi et l’engagement sont la clé du renouveau islamique. « Les nations avancées ne se sont élevées que par la force de leurs jeunes, porteurs d’idées, d’espoir et de solutions pour leurs peuples », insiste-t-il.
Il rappelle que la jeunesse est la phase la plus décisive de la vie. « C’est une période d’épanouissement physique, intellectuel et spirituel, où se forge la personnalité et la responsabilité sociale », explique-t-il. Enfin, il interpelle les parents et éducateurs à prendre sérieusement leur responsabilité. Et « cette responsabilité, dit-il, incombe à tous ceux qui ont entre leurs mains l’éducation et la formation morale des jeunes. Il a saisi l’occasion pour saluer le Dr Karihila pour son initiative louable visant à raviver la pratique de la langue arabe dans nos îles.
Ibnou M. Abdou
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