Le riz ordinaire est enfin arrivé à Mohéli dimanche dernier, après plus d’un mois de pénurie. La quantité arrivée est très insuffisante par rapport aux besoins de la population. Il faut être coriace pour pouvoir accéder au magasin et espérer obtenir un sac, si tu es connu.
Un peu de soulagement pour la population de Mohéli car le riz ordinaire, exclusivité de l’ONICOR (office national d'importation et de commercialisation du riz) est enfin disponible dans l’île après une semaine de retard par rapport à la date indiquée par le Directeur régional. C'est à bord du bateau Al-yasmine que les quelques 12 tonnes du riz ordinaire (sac de 25kg) sont arrivées au port de Bangoma depuis dimanche matin. Sachant qu'en moyenne la population de l’île consomme près de 20 tonnes de riz, cette faible quantité a créée la panique jusqu’à ce lundi. Aussitôt arrivé dans les magasins, aussitôt épuisé.
« Nous sommes ici depuis 9h jusqu'à 12h sans trouver du riz et l’espoir d'en obtenir un sac s'amenuise » regrette un habitant de Mbatsé qui a laissé sa famille depuis 2 jours dans la famine à la recherche de produit de première nécessité qui constitue le mets principal de nombreux comoriens.
Quand au directeur régional de l’ONICOR, Said Mohamed Elface, il tente de rassurer la population en affirmant que d'ici peu le riz sera livré à gogo dans les marchés. « C’est juste un dépannage » devait-il indiqué avant de poursuivre que cette quantité peut couvrir jusqu'au 25 septembre. « Une grosse cargaison de riz est attendue au port de Mutsamudu dans deux semaines, soit à partir du 27 septembre » a-t-il annoncé.
Visiblement ces prévisions semblent loin de la réalité, car dans l’après-midi de ce lundi 13 septembre, on ne trouvait plus aucun sac de riz dans les magasins. « Si on se bouscule dans les magasins à la recherche d'un sac de 25kg qui coûte 7000 fc, c'est parce que nous n’avons pas les moyens d'acheter tous les jours le riz de luxe qui coûte 1000 le kilo» s’explique un citoyen de Bangoma. Et de poursuivre « pour une famille de 3 enfants on est obligé d'acheter au moins 2 kg ce qui nous revient à 2000 fc sans compter les ailes de poulet ou le poisson, la vie est tellement chère ».
À cela s’ajoute aussi le manque de pain dans les boulangeries à cause de la pénurie de farine. « On ne sait pas jusqu’à quand, la population est condamnée à vivre cette situation…» regrette Elhalim Madi un grand commerçant de la place.
Riwad
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