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Consommation: Le marché de Fomboni frappé par la pénurie

Consommation: Le marché de Fomboni frappé par la pénurie © : HZK-LGDC

En ce début de mois de Ramadan, le grand marché de Fomboni traverse une période de fortes perturbations. Poisson, manioc, banane ou encore taro se raréfient sur les étals, compliquant l’approvisionnement des ménages. Entre encadrement des prix et pénurie de carburant, vendeurs et consommateurs peinent à trouver un équilibre.


Sixième jour du mois sacré et déjà les difficultés se font sentir. Au grand marché de Fomboni, les produits de première nécessité se font rares. Les acheteurs peinent à remplir leurs paniers tandis que les vendeurs dénoncent une situation devenue intenable. Soilahoudine Ahamadi Saïd, vendeur de poisson, explique qu’il ne réalise quasiment aucun bénéfice. « Nous respectons les prix fixés par les autorités, mais ils ne tiennent pas compte de la pénurie de carburant », déplore-t-il. Actuellement, seuls le thon et la bonite sont disponibles au prix de 1 350 francs comoriens le kilogramme. Les poissons coralliens, très prisés pendant le Ramadan, ont disparu des étals.

Même constat du côté des produits agricoles. Ediamine Saïd, vendeur de fruits à pain, affirme avoir revu ses quantités à la baisse : « Je vends désormais trois fruits à pain pour 500 francs afin que chacun puisse rompre le jeûne. » Mais il reconnaît que le fruit à pain n’est pas l’aliment le plus recherché en cette période. Les produits les plus demandés, comme la banane, le manioc ou le taro, se font de plus en plus rares. Les tas diminuent à vue d’œil depuis le début du Ramadan. « Avant, un tas de trois grandes pièces coûtait 1 000 francs. Aujourd’hui, pour le même prix, on a à peine deux petites pièces et demie », confie un client dépité.

Malgré tout, certains consommateurs saluent l’effort des commerçants qui respectent les prix réglementés. Attoumane Saindou estime que cet encadrement permet à la population d’accéder aux produits essentiels, même en période de crise. Mais la confusion règne. Le 20 février, le ministère de l’Économie a pris un arrêté encadrant les prix de certains produits importés de première nécessité. Deux jours plus tôt, le 18 février, les autorités insulaires avaient fixé leurs propres tarifs pour des produits agricoles et importés, avec des écarts significatifs. « Lesquels de ces prix devons-nous appliquer ? » s’interroge un commerçant.

Cette situation met en lumière les difficultés de coordination entre les autorités nationales et insulaires, sur fond de pénurie de carburant qui perturbe transport et approvisionnement. Les acteurs du marché appellent à des mesures urgentes pour renforcer la distribution, faciliter le transport des marchandises et stabiliser les prix, afin de garantir un accès équitable aux denrées alimentaires en ce mois sacré.

Riwad


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