Les matériaux de construction ne sont pas épargnés par l’inflation qui gagne le pays. Qu'il s'agisse du sable, du fer ou du ciment, les prix sont hors normes. Alors que la population cherche à abandonner les maisons en double tôle pour des habitations en dur, les taxes douanières, selon les grossistes, passent de 14,5 à 20,5%.
La pandémie de Covid-19 a bouleversé tous les secteurs du marché international. Les prix des produits alimentaires et industriels ont grimpé. Le secteur de l'habitat n'est pas du tout épargné. Aux Comores plus particulièrement à Mohéli, construire une maison en dur est devenu trop cher pour la population locale qui a déjà du mal à joindre les deux bouts, pourtant chaque citoyen cherche à construire une maison en béton et abandonner l’habitat en double tôle. D’autant plus qu'à Mohéli, les prix des matériels de construction sont largement supérieurs à ceux des autres îles.
Une tonne de ciment s’achète actuellement à 100 000 FC au lieu de 85 000 FC l’année dernière. Le contre plaqué est passé de 10 000 FC à 12 500 FC. Le prix d’une pelle passe quant à lui de 3000 FC à 5000 FC. Un bidon de peinture à l'huile coûte 25 000 FC au lieu de 17 500 FC, il y a juste quelques mois. Et pour acheter un fer 10, il faut débourser 2700 FC dans beaucoup de magasins.
Selon les commerçants des quincailleries, la cherté des matériaux de construction à Mohéli a des raisons multiples. D'abord les prix sont en hausse dans les marchés internationaux. Deuxièmement le gouvernement comorien ne facilite pas la tâche pour le dédouanement, les taxes douanières ont flambé. La troisième raison c’est l'absence d'un port à Mohéli. « Actuellement, en Turquie et à Dubaï, une tonne de fer se vend à 1000€ contre 450€ les années précédentes. Et parfois, on peut le trouver jusqu'à 1050€ dans certains magasins », explique Mohamed Archad l'ex gouverneur de Mohéli. « Malheureusement, la tendance sera toujours à la hausse et il y'aura une flambée des prix sur le marché, parce que le gouvernement a également augmenté les taxes notamment sur le fer à béton passant de 14,5% à 20,5% », précise-t-il.
Toufayli, un autre commerçant de la capitale partage cet avis. Selon lui, les couts du fret des matériaux de construction sont également insupportables. « Le coût du fret seul est le double du prix d'achat des matériaux », indique-t-il. L'absence d’un port digne de ce nom à Mohéli est en particulier l’une des causes avancées par l'ensemble des commerçants de l'île, pour justifier la hausse des prix des produits à Mohéli. Selon eux même, s'ils préparent un conteneur à l'extérieur mais ils sont obligés de payer deux fois le transport puisque l'île ne possède pas un port capable d'accueillir des gros navires.
Riwad
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