La Gazette

des Comores

Convention sur la biodiversité : Préparation de la conférence des Parties

Convention sur la biodiversité : Préparation de la conférence des Parties © : HZK-LGDC


Au-delà des discussions scientifiques, cette rencontre a mis en lumière les profondes préoccupations des pays africains et des Petits États insulaires en développement (PEID), dont l'es Comores, face au défi de transformer les ambitions du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal en résultats concrets. Pour les pays africains, les discussions ont surtout rappelé une réalité persistante. En effet, la mise en œuvre des engagements internationaux ne pourra être efficace sans un accès accru aux ressources financières, au transfert de technologies et au renforcement des capacités scientifiques et institutionnelles. Plusieurs délégations africaines ont insisté sur la nécessité de disposer de financements prévisibles, accessibles et adaptés aux réalités nationales afin d'assurer une conservation durable tout en répondant aux besoins de développement des populations. Les appels en faveur d'un partage équitable des connaissances, d'une coopération scientifique renforcée et d'une participation équilibrée aux futurs groupes d'experts ont également été soutenus.

 

Les petits États insulaires en développement ont, pour leur part, rappelé leur vulnérabilité particulière. Pour des pays comme les Comores, où les moyens financiers et techniques demeurent limités, la protection des écosystèmes marins, côtiers et terrestres constitue à la fois une nécessité écologique et une question de sécurité alimentaire, de résilience climatique et de développement économique. La dépendance des communautés insulaires envers les ressources naturelles rend indispensable une approche intégrée conciliant conservation, adaptation aux changements climatiques et amélioration des moyens de subsistance. Les discussions consacrées aux zones marines d'importance écologique ou biologique (EBSA), à la biodiversité au-delà des juridictions nationales et à la connectivité écologique revêtent une importance particulière pour les Comores. L'archipel possède un patrimoine marin exceptionnel, riche en récifs coralliens, mangroves, herbiers marins, mammifères marins et espèces endémiques, dont la préservation conditionne directement l'avenir de la pêche artisanale, du tourisme durable et de l'économie bleue.

 

Autre préoccupation majeure des délégations africaines et insulaires : la biologie synthétique. Si cette technologie ouvre des perspectives scientifiques importantes, plusieurs pays en développement ont insisté sur la nécessité d'éviter un nouvel écart technologique entre le Nord et le Sud. Ils ont demandé que le futur plan d'action mette l'accent sur le transfert de technologies, le renforcement des compétences nationales et l'accès équitable aux innovations scientifiques afin que ces avancées bénéficient également aux pays disposant de capacités limitées. Les débats sur les aires protégées ont également mis en avant une approche davantage fondée sur les droits humains, reconnaissant le rôle central des communautés locales, des femmes et des jeunes dans la gestion durable des ressources naturelles. Cette orientation rejoint les réalités comoriennes où les communautés villageoises jouent un rôle déterminant dans la protection des forêts, des zones côtières et des ressources halieutiques.

 

La mobilisation des ressources financières demeure cependant le principal sujet de préoccupation. Sans financements additionnels, plusieurs pays africains estiment que les engagements pris dans le Cadre mondial pour la biodiversité risquent de rester largement théoriques. Cette question sera au cœur des discussions de la prochaine réunion de l'Organe subsidiaire (SBI 7), qui examinera notamment le mécanisme financier, le Fonds Cali relatif aux informations de séquences numériques (ISN) et les modalités de partage des avantages.

 

Mmagaza


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