Les États de l’océan Indien se sont réunis à La Réunion, du 21 au 23 septembre, à l’occasion de la première conférence régionale des directeurs généraux de la sécurité civile de l’océan Indien, en présence de Jean-Claude Brunet, ambassadeur délégué à la coopération régionale dans la zone de l’océan Indien. Durant ces deux jours, les directeurs généraux de la sécurité civile des pays de la région échangent afin de renforcer la réponse collective face aux catastrophes naturelles et aux différents risques auxquels les États de l’océan Indien sont confrontés.
Les délégations de Maurice, de Madagascar, des Comores et des Seychelles, aux côtés de la Commission de l’océan Indien (COI) et de l’Agence française de développement (AFD), partagent leurs expériences, leurs bonnes pratiques et leurs moyens. L’objectif est de renforcer la coopération régionale en matière de prévention, de préparation et de réponse aux catastrophes naturelles. La mise en place de formations communes, l’organisation d’exercices conjoints ainsi que le partage des bonnes pratiques figurent également parmi les principaux sujets abordés. Face à des risques qui ne connaissent pas de frontières, les Comores défendent une approche fondée sur l’anticipation et la prévention plutôt que sur la seule réaction aux catastrophes.
Pour le colonel Abdallah Rafik, directeur général de la direction générale de la sécurité civile (DGSC), les Comores disposent de plusieurs atouts stratégiques à mettre en avant lors de cette première conférence. « Les Comores sont situées au cœur du sud-ouest de l’océan Indien, entre l’Afrique orientale et Madagascar. Cette position peut faire du pays un point d’appui régional pour la coopération en matière de prévention, de préparation et de réponse aux catastrophes. La stratégie nationale de RRC souligne notamment cette position et l’importance de renforcer la coopération régionale », a-t-il déclaré. Il a également rappelé la diversité des risques auxquels le pays est exposé. « Les Comores sont exposées simultanément aux cyclones, aux inondations, aux glissements de terrain, aux risques volcaniques, aux séismes et à la montée du niveau marin. Cette diversité permet à la DGSC de proposer à ses partenaires une expérience utile en matière de gestion multirisque », a-t-il expliqué.
Il a souligné que le pays dispose désormais d’un cadre institutionnel permettant de renforcer sa participation aux mécanismes régionaux. « Nous disposons depuis 2024 d’une loi sur la réduction des risques de catastrophes, ainsi que d’une Stratégie nationale de RRC et de son plan d’action 2024-2030, validés au niveau national en 2025. Cela donne aux Comores une base institutionnelle solide pour participer aux mécanismes régionaux », a-t-il ajouté. Il insiste ainsi sur la nécessité de dépasser l’image d’un pays uniquement exposé aux risques. « Les Comores ne souhaitent pas être considérées uniquement comme un pays vulnérable face aux catastrophes. Nous voulons être considérées comme un partenaire actif de la sécurité civile et de la résilience dans l’océan Indien », a-t-il souligné. Dans cette perspective, il a proposé de faire des Comores un laboratoire régional de coopération insulaire autour de cinq axes prioritaires : l’alerte précoce et l’alerte multirisque, la formation et les exercices conjoints des services de sécurité civile,
Le partage régional des données et des informations sur les risques, la mise en place de mécanismes d’assistance mutuelle et de mobilisation rapide des moyens, et enfin le renforcement de la coopération volcanologique, notamment avec La Réunion et l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise. Le DGSC souhaite proposer la création d’un « Réseau des directeurs généraux de la sécurité civile et de la gestion des catastrophes de l’océan Indien », qui permettrait de structurer davantage les échanges entre les responsables de la sécurité civile des différents États insulaires, de faciliter le partage d’informations et d’expériences et de favoriser la mobilisation rapide des moyens en cas de catastrophe.
Selon lui, cette initiative s’inscrit dans une volonté de passer progressivement d’une logique de pays bénéficiaire de l’assistance à celle d’un partenaire régional à part entière dans la gestion des risques et le renforcement de la résilience. Pour finir il a montré qu'au-delà de cette rencontre, l’enjeu est donc de construire des mécanismes durables de coopération entre les États de l’océan Indien, afin de mieux anticiper les catastrophes, de renforcer les capacités nationales et de permettre une réponse collective plus rapide et mieux coordonnée face aux risques qui affectent l’ensemble de la région.
Nassuf Ben Amad
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