La Gazette

des Comores

Coopération : Tsok James Bot veut aligner l'aide sur les priorités nationales

Coopération :  Tsok James Bot veut aligner l'aide sur les priorités nationales © : HZK-LGDC

Face à l'alerte d'Antonio Guterres sur la crise financière de l'ONU, le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies aux Comores relativise l'impact local immédiat mais plaide pour de nouveaux bailleurs. Il appelle aussi à des évaluations conjointes avec le gouvernement pour ancrer l'obligation de résultats dans tous les secteurs.


Nommé en avril 2024 par le Secrétaire général comme Coordonnateur résident du Système des Nations Unies aux Comores, Tsok James Bot s'exprime au moment où le système multilatéral s'inquiète de ses ressources. Interrogé sur les conséquences locales de cette crise, il estime que le mode de financement par les États membres n'a pas, à ce stade, d'effet majeur direct sur les programmes menés dans l'archipel. L'écueil, selon lui, vient de l'évolution des politiques d'aide. De nombreux bailleurs traditionnels réduisent leur aide publique au développement au niveau mondial, ce qui impose ce qu'il décrit comme un changement de paradigme. Pour maintenir l'élan, le gouvernement comorien continue de mobiliser des fonds auprès des institutions financières internationales (Banque mondiale, FMI, BAD, BID) essentiellement fléchés vers les infrastructures.

 

Le système des Nations Unies, recentré sur le développement humain, doit donc chercher ailleurs. T. James Bot assume une stratégie de diversification pour ne plus dépendre uniquement des financements occidentaux. Mais s'ouvrir notamment aux fondations privées, aux pays du Golfe et aux bailleurs émergents. Dans cette répartition, les banques de développement portent les routes et l'énergie, l'ONU concentre ses appuis sur la santé, l'éducation, l'assainissement, l'agriculture et la résilience. Second axe de l'entretien : l'articulation avec l'action publique. Alors que le secrétariat général du gouvernement évalue la mise en œuvre des feuilles de route ministérielles, le coordonnateur rappelle qu'elles découlent du Plan Comores Émergent et du Plan de relance post-COVID 2022-2026, et non du cadre de coopération des Nations unies.

 

Les deux agendas restent toutefois alignés. Le cadre de coopération 2022-2026 a été calé sur les priorités nationales. Pour la suite, Tsok James Bot insiste sur l'harmonisation. Le prochain cadre devra être réfléchi concrètement dans les PTA de chaque ministère de tutelle. Par ailleurs, il propose surtout un tournant méthodologique, qui serait de passer à des évaluations conjointes. L'objectif est de mesurer, ministère par ministère, l'impact réel des agences onusiennes et d'installer une culture partagée de l'obligation de résultats pour toutes les parties. Une façon, aussi, de répondre à la raréfaction des ressources en démontrant l'efficacité de chaque appui. Un double message est adressé aux partenaires financiers : diversifier puis mieux cibler leurs appuis, et à l'administration comorienne : mieux articuler la planification nationale avec la coopération onusienne, à l'approche de l'après-2026.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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