Débuté le 14 octobre dans la matinée, le procès du meurtre de Naicha Abdou, devant la cour d’assises de Moroni s’est prolongé jusqu’à tard dans la nuit. C’est aux alentours de 1 heure du matin du jeudi que le verdict est tombé. Et le principal accusé dans cette affaire, Fahami Moustoifa, en a pris pour son grade. Sur les 12 questions que la cour avait à répondre à son encontre, dont sept chefs d’inculpation, l’infortuné a été reconnu coupable sur toute la ligne.
« La cour, statuant publiquement, contradictoirement, en matière criminelle et en dernier ressort sur l'action publique, déclare l'accusé Fahami Moustoifa coupable des crimes d'assassinat, de torture et barbarie, de recel de cadavre, de profanation de cadavre et d'association de malfaiteurs ». Et le verdict tombe comme un couperet : « après confusion de peine, condamne l'accusé Fahami Moustoifa à la peine de mort ». Ce verdict marque une étape majeure dans une affaire criminelle particulièrement grave. En retenant l’ensemble des chefs d’accusation, la cour a reconnu Fahami Moustoifa coupable des faits qui lui étaient reprochés. Au-delà de la condamnation, cette décision de justice rappelle la gravité des crimes commis contre les personnes et le respect dû aux défunts. Elle constitue également un signal fort quant à la réponse de la justice face aux actes de violence extrême. L’affaire restera marquée par la nature abominable des faits et la lourdeur des accusations retenues.
Quant à l’accusé Athoumani Abdourahmane, la cour l’a jugé « coupable de complicité d'assassinat, de recel de cadavres, de profanation de cadavres et d'association de malfaiteurs » et a décidé de le condamner à 25 ans de réclusion criminelle après confusion de peine. Concrètement, cela signifie que la cour l’a reconnu coupable d’avoir participé à cette affaire en qualité de complice, et non nécessairement d’avoir commis lui-même tous les actes reprochés à l’auteur principal. Le dernier accusé dans cette affaire a, quant à lui, été acquitté. Poursuivi pour complicité passive, au motif qu’il n’aurait pas dénoncé les faits, Elamine Moumine Abdou a été déclaré non coupable. « La cour déclare l’accusé Elamine Moumine Abdou non coupable du crime de complicité passive et prononce son acquittement », a annoncé la cour, avant d’ordonner sa remise en liberté, « s’il n’est pas détenu pour autre cause ».
Pour obtenir cet acquittement, les avocats de la défense se sont appuyés sur l’article 24 du Code pénal, qui prévoit que sont complices d’un crime ou d’un délit ceux qui, sans risque pour eux-mêmes ou leurs proches, s’abstiennent d’intervenir pour empêcher sa commission ou de dénoncer ses auteurs ou complices, alors qu’ils en ont connaissance. Si l’article paraît clair en apparence, la question de la temporalité demeure floue, notamment quant au délai écoulé entre le moment où l’accusé a pris connaissance des faits et celui où il les a dénoncés. C’est dans cette brèche que les avocats de la défense ont su se faufiler pour casser l’accusation de complicité passive contre Elamine Moumine Abdou.
Imtiyaz
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