Alors qu’une marche pacifique citoyenne devait avoir lieu dans la capitale vendredi dernier, son annulation de dernière minute décidée par la société civile a provoqué une déception au sein du collectif des soignants. Ce qui devait être une démonstration de force s'est transformée en échec. À ce stade, les parties essaient encore de maintenir le dialogue.
La stratégie de la société civile qui, après s’être greffée au mouvement, a choisi de privilégier les négociations de coulisses avec les autorités plutôt que la manifestation de rue, fut un revirement décevant pour des membres du collectif. Bien que globalement, les deux parties n’ont pas encore rompu le dialogue, certains grévistes voient dans cette médiation une énième manœuvre dilatoire des autorités. « Nous étions prêts à assumer cette marche, nous avions respecté toutes les procédures », s'indigne un membre du collectif. Pour beaucoup d'entre eux, l’argument du « dialogue constructif » avancé pour justifier l’annulation ne passe plus. Et pour cause, les échanges précédents avec la direction et les autorités n’ont jamais abouti à une sortie de crise concernant leurs revendications salariales et l’amélioration des conditions de travail au sein de l'hôpital de référence.
Si le collectif des soignants a exprimé sa déception, la société civile n'a pas pour autant quitté le terrain. Se positionnant en médiatrice, la commission dirigée par Sultoine Abdourahim Cheikh tente désormais de confronter les solutions des deux parties pour sortir de l'impasse. « Nous sommes sur la bonne voie », déclare le président de la commission. Avec comme objectif de permettre à ces agents de retrouver leurs postes pour restaurer un climat de confiance avant d'entamer des discussions plus larges sur les revendications. À savoir que la reprise des négociations reste toutefois conditionnée par la levée immédiate des suspensions et des licenciements, visant cinq membres du mouvement des grévistes. Selon la société civile, du côté du CHN El-Maarouf, la posture semble évoluer vers l'apaisement. La direction de l'hôpital se dit désormais consciente du problème et affiche une volonté de trouver une issue rapide.
« Une réunion est prévue le lundi 13 avril par le staff pour établir un listing précis du protocole d'entente et définir les pistes de solutions concrètes à soumettre aux parties prenantes. » Nous a-t-on affirmé. Malgré cette timide ouverture, le collectif reste sur ses gardes. Si un dialogue constructif est envisagé, les soignants rappellent que de nombreux échanges passés ont échoué faute d'accord sur leurs conditions salariales, jugées non négociables. Le collectif maintient sa vigilance, ils sont prêts à discuter pour régler la situation, mais refusent que ce nouveau round ne soit qu'une diversion de plus. L'issue de la réunion prévue en début de semaine par la société civile sera déterminante. Initialement limitée aux couloirs de l'hôpital, la colère s'est muée en une grogne sociale généralisée. Aussi, le collectif maintient son appel à la sensibilisation et prévient que le mouvement continue.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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