Ce samedi 16 mai, la place Uswakunu de Mitsamiouli est devenue le point de ralliement de la colère des transporteurs. Plus de cinq jours après le début de leur mouvement de grève générale, un collectif de chauffeurs de transports en commun de la région s'est rassemblé pour crier son désarroi face à la hausse vertigineuse des prix du carburant.
La grève des transports s'enlise et la contestation sociale a franchi une nouvelle étape ce week-end avec une forte mobilisation dans le nord de l'île. Sous un mot d’ordre unanime et scandé en chœur, « mpaka ye mafura ya puha », (pas de reprise tant que les prix ne baissent pas). Les manifestants ont initié une marche pacifique à travers les rues de la ville. Ce slogan, répété tout au long du parcours, résume l'impasse financière dans laquelle se trouvent ces professionnels. Selon les grévistes, maintenir l'activité avec les tarifs actuels à la pompe revient à « travailler à perte ». Leur position est désormais catégorique : aucun retour au volant ne sera envisagé tant que l’État n'aura pas consenti à une révision à la baisse des prix des hydrocarbures.
Très vite, un important dispositif de la police et de la gendarmerie nationale s'est déployé sur les lieux de la manifestation. Les forces de l'ordre sont allées à la rencontre des chauffeurs pour fixer les lignes rouges et leur expliquer qu’aucun acte de vandalisme ni aucune forme de violence ne seraient tolérés. Face à ces autorités, les manifestants ont joué la carte de la transparence, expliquant que leur démarche visait uniquement à exprimer publiquement leur mécontentement et leur détermination, sans intention de troubler l'ordre public. Adoptant une posture de sécurisation plutôt que de confrontation, les agents de sécurité ont encadré le cortège. Cette présence vigilante visait notamment à empêcher que des groupes de jeunes ne profitent de la tension ambiante pour provoquer des débordements incontrôlés.
Ainsi, le cortège a pu poursuivre sa progression au cœur de Mitsamiouli, s'étirant calmement jusqu'au marché de la ville. Cette marche, qualifiée par les observateurs d'« indignation maîtrisée », illustre le climat de tension qui règne dans le pays, alors que le blocage des transports commence à paralyser l'économie locale et le quotidien des citoyens. En tout cas, leurs cris ont été entendus, puisque vers 20 heures à Moroni, le gouvernement a décidé de suspendre temporairement l’arrêté portant hausse des prix du carburant.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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