Le port de Bangoma est devenu un cimetière de bateaux. Ces épaves s’ajoutent aux navires en réparation, ce qui constitue un réel danger pour l’environnement marin avec des répercussions sur la population humaine. Les environnementalistes appellent toutes les parties prenantes à réagir pour se débarrasser de ces bateaux fantômes.
Sur la plage de Mabahoni (Fomboni) et aux abords du port de Bangoma, s’accumulent des carcasses de bateaux abandonnés. Les coques très détériorés, détruisent le milieu naturel et constituent un réel danger pour la population. Les enfants viennent quotidiennement dans ces milieux tous les après midi pour la baignade. Pourtant ces épaves, selon les scientifiques, sont une source potentielle de pollution. « Sous l’effet de l’eau, le métal se corrode inévitablement, et perd ainsi un dixième de millimètre d’épaisseur par an » apprend-t-on.
« Certains produits chimiques tel que l'hypérite libérée dans les réservoirs de pétrole pour ces bateaux se transforment en pâtes jaunâtre qu'avalent les poissons et peut donc se retrouver dans l'estomac de l'homme en suivant la chaîne alimentaire » soutiennent les environnementalistes. Mohamed Mindhir (Tsira) un grand défenseur de l’environnement appelle toutes les parties prenantes à réagir pour se débarrasser de ces bateaux fantômes.
« Dans ces bateaux il y'a la présence de l'amiante qui est très toxique. A une forte concentration, il peut à tout moment provoquer un cancer chez les enfants qui jouent dans ces milieux » explique-t-il. Pour lui, Mohéli ne peut pas être un cimetière des bateaux. « On a tous intérêt à réagir puisque ces épaves détruisent la biodiversité marine de l’île. Ce qui serait catastrophique dans une île classée comme une réserve de biosphère mondiale » a-t-il regretté.
Le code de transport, exige que le propriétaire d'une épave ou un navire abandonné au sens de la réglementation, soit mis en demeure par les autorités portuaires afin qu'il prenne ses responsabilités pour la protection de l'environnement. Et comme, la plupart des propriétaires de ces épaves ont des bras longs, aucun petit doigt n'ose se lever.
Riwad
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