Les habitants d’Adda, village dont était originaire l’adjudant-chef Hakim Bakar, ont battu le pavé hier lundi pour montrer leur indignation face à la mort inexpliquée de celui qui a été arrêté pour « tentative de déstabilisation ».
La communication officielle du gouvernement n’aura pas réussi à calmer les esprits malgré son caractère apaisant, loin du discours incendiaire du directeur de cabinet du chef de l’État... Hier lundi, les habitants du village du militaire Hakim Bakar sont descendus dans la rue. « Les habitants d’Adda n’ont pas aimé ce qui s’est passé », pouvait-on lire sur les banderoles et autres pancartes brandis par la foule nombreuse qui a organisé une marche pacifique, le long de la route principale.
« Nous sommes ici aujourd'hui pour exprimer notre douleur provoquée par la barbarie militaire qui a tué notre frère, fils et enfant dans des condition inhumaines », lance un manifestant que nous avons joint au téléphone. Il soutient qu’ils étaient là pour dénoncer « le mépris, l'orgueil et l'arrogance de ce gouvernement ». Une allusion aux propos du directeur de cabinet du chef de l’État qui, vendredi et samedi derniers, avait affirmé que le militaire était « mort d’un malaise » malgré ce qui a été constaté de visu par ses proches lorsqu’ils ont décidé de d’exhumer le corps du défunt.
Dans un communiqué lu à la presse par son porte-parole Houmed Msaidie, le gouvernement a dit « condamner avec la plus grande fermeté les circonstances inquiétantes qui entourent l’enterrement suivi de l’exhumation du corps du regretté », et il « s’engage à tout mettre en œuvre pour que les premiers éléments d’investigations soient rendus publics aussitôt qu’ils seront disponibles, et pour que tout responsable d’acte répréhensible, que ce soit de l’armée ou de la population soit poursuivi afin que justice soit rendue au défunt et que de tels actes ne puissent plus se reproduire dans le pays ». Soit dit en passant, et à la grande surprise d’une grande frange de l’opinion, le chef de l’État se trouve à Anjouan depuis dimanche accompagné de…son impopulaire directeur de cabinet.
Nabil Jaffar
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