Ce mercredi matin, au palais de justice de Mutsamudu, devrait avoir lieu l'élection du bâtonnier et du bureau conseil de l'ordre des avocats. Mais ce scrutin a été annulé à cause d’un avocat « fonctionnaire » de l’Etat.
Les élections du conseil de l’ordre des avocats à Anjouan sont annulées. Elles devraient se dérouler mercredi dernier mais la raison évoquée de ce report par le bâtonnier en exercice serait valable. Selon lui, la décision est motivée par une violation de la loi et il s'agit d'un cas très grave. « J'ai décidé de reporter les élections après avoir mené une enquête et vérifié qu'il y a un collègue enseignant chercheur qui exerce en tant qu'avocat qui se présente aux élections », indique Me Ahmed Aboubacar, l’actuel bâtonnier.
Interrogé sur l'identité de cet avocat, cet avocat au barreau de Mutsamudu a opté pour le mode opératoire de la rétention. « Je souhaite ne pas prononcer son nom par mesure de déontologie », se dédouane-t-il, avant d’ajouter que « j'ai mis au courant la cour d'appel de la situation et on attend leur réaction. Une fois qu’on aura une décision de cette juridiction, ce monsieur sera connu du grand public ». Déontologie ! Un mot qui revient de plus en plus souvent dans les couloirs de nos palais de justice. « En aucun cas, je ne peux admettre qu'un confrère traîne les textes dans la boue », lance-t-il.
Selon lui, si la Cour d'appel de Mutsamudu donne raison au bâtonnier en place, c'est une nouvelle page de l'histoire qui s’ouvre au palais de justice à Anjouan. Interrogé sur les audiences défendues et gagnées par ce fonctionnaire avocat, le bâtonnier n'a pas souhaité réagir. Il a renvoyé cette question jugée pertinente au parquet.
Pour mesurer la température du groupe opposé de celui de bâtonnier, Me Abdoulatuf Aboubacar a préféré la voix off. Ce groupe est bien majoritaire, mais le cas de cet avocat tricheur a donné pouvoir au patron du conseil des avocats de reporter ces élections. Devant cette majorité écrasante, mais le bâtonnier laisse entendre qu' « il ne cherche pas à s'éterniser dans ce poste. Il veut faire respecter la loi et couper la chaîne de dysfonctionnement dont cet appareil de plaidoyers fait face tous les jours ». Pour rappel, le conseil de l'ordre des avocats d’Anjouan fonctionne jusqu'à maintenant sans règlement intérieur. Le bâtonnier nous a indiqué qu'il a rédigé le projet, mais l'autre partie voudrait qu'on reste dans cette situation. Un autre imbroglio en perspective, après celui du barreau de Moroni, qui a défrayé la chronique ces derniers mois.
Nabil Jaffar
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