La Gazette

des Comores

En 60 ans Mohéli a perdu 80% de sa surface forestière

En 60 ans Mohéli a perdu 80% de sa surface forestière © : HZK-LGDC

Les locaux de l’Alliance Française de Fomboni ont servi de cadre ce jeudi 21 Juin, pour une consultation des parties prenantes sur les questions liées à la déforestation et la dégradation des écosystèmes à Mohéli. Des échanges qui ont abouti à des recommandations, commentaires et propositions qui vont pouvoir aider à l’orientation stratégique et à l’exécution du futur projet REDD+ (réduction des émissions provenant du déboisement et de la dégradation des forêts).


« L’augmentation de la population de l’île et l’extension des parcelles de cultures de rente telle que l’ylang-ylang, poussent les communautés à couper la forêt pour y implanter des cultures vivrières » a fait remarquer d’emblée Ben Anthoy Moussa du Parc National de Moheli (PNM) lors de sa présentation. « En parallèle, les pratiques illégales dans la forêt se multiplient tels que les coupes d’arbres, prélèvement du bois pour la cuisine ou la distillation » a-t-il ajouté. Et pour le chargé de mission Bassins Versants et Forêts du PNM, des lois pour protéger les écosystèmes existent mais ne sont pas assez respectées. En 60 ans (de 1950 à 2010), Mohéli a perdu plus de 4000 hectares de sa surface forestière. Et il ne reste actuellement qu’un peu plus de 1000 hectares de forêt dense. Que restera-t-il d'ici 2030 si rien n’est fait ? C’est la question que beaucoup se posent.

L’appauvrissement des sols agricoles suivis de la perte de leur productivité, l’assèchement des rivières, les glissements de terrains mais aussi une perte de biodiversité sont entre autres les conséquences locales de cette déforestation inquiétante dans la toute nouvelle réserve mondiale de la biosphère. Le projet REDD+ qui sera coordonné par un consortium d’ONGs et dont les activités seront exécutées par le Parc National de Mohéli (PNM) en accord avec les communautés, ainsi que les autorités de l’île va proposer aux communautés une protection.

Le projet proposera aussi une gestion durable des ressources forestières de l’île, mais également des alternatives et renforcements, afin de limiter efficacement la déforestation. Ce type de projet selon les intervenants s’inscrit sur le long terme en donnant une valeur financière au carbone stocké dans les forêts.

Cette consultation des autorités et communautés de l’île, qui prend place durant les prochaines semaines, est l’une des dernières étapes de la phase d’étude d’un projet qui sera officiellement lancé avant la fin de l’année 2021 ! « Je suis très satisfait des actions prévues car elles s’inscrivent beaucoup plus dans un registre d’atténuation que dans une simple adaptation aux conséquences » se réjouit l'un des participants Fakri Ahamada, ingénieur en agro-météorologie de l'ANACM.

Riwad

 


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