Ce dimanche 21 décembre 2025, le Collectif des jeunes de Moroni, regroupant les quartiers de Badjanani et Mtsangani, a lancé la deuxième journée d’une opération de nettoyage et d’assainissement de la baie de Kalaweni. Soutenue par la municipalité de Moroni et plusieurs opérateurs économiques privés, cette initiative marque une nouvelle étape dans la reconquête de cet espace emblématique, progressivement transformé en dépotoir au fil des années.
Ancien port de Moroni, l’espace Kalaweni, situé face à la mosquée de Badjanani, constitue un lieu chargé d’histoire et un symbole fort du patrimoine local. Pourtant, ces dernières années, il est devenu un point d’accumulation d’épaves, de carcasses de bateaux de pêche abandonnés, et de déchets de toutes sortes. Face à cette situation préoccupante, les jeunes de Mtsangani et de Badjanani se sont organisés pour redonner à cet espace une image digne de son passé, celui du port aux boutres, les célèbres djahazi.
« Aujourd’hui, plus personne n’ose emmener ses enfants se baigner ici à cause de la pollution. Pourtant, c’était autrefois un lieu où nous venions nous détendre avec nos mères », témoigne Djamalddine Mohamed, membre du collectif.
Cette deuxième journée de mobilisation a également attiré plusieurs personnalités locales, dont le maire de Moroni, Omar Mohamed. Après des échanges préalables avec les jeunes, le Maire de la capitale a mobilisé le personnel communal ainsi que des partenaires pour appuyer l’initiative. « La mairie soutient cette action car elle contribue directement au bien-être de notre communauté », a-t-il déclaré.
Interrogé par notre confrère correspondant de RFI aux Comores, Amin Saïd Ahmed estime toutefois que ces actions citoyennes, aussi importantes soient-elles, ne suffisent pas à elles seules pour redonner au Kalaweni son image d’antan. « Il faut une véritable volonté politique, accompagnée de décisions et d’actes administratifs, pour limiter durablement l’accumulation des déchets », a-t-il souligné.
Au-delà de l’engagement citoyen, l’opération vise également à préserver la biodiversité côtière. Pour Madame Baghirat Soilihi, représentante des femmes de Moroni, la dégradation de la baie est un signal d’alarme. « Restaurer cet espace, c’est préserver une ressource vitale et réaffirmer l’importance de la protection de l’environnement », a-t-elle expliqué, avant d’ajouter : « Voir la baie de Kalaweni dans cet état montre à quel point l’équilibre écologique s’appauvrit. C’est pourquoi nous, les femmes de la ville, avons décidé de rejoindre et soutenir cette initiative. »
Déterminé à inscrire son action dans la durée, le collectif entend poursuivre les opérations de nettoyage et espère inspirer d’autres localités confrontées à la dégradation de leurs espaces naturels. Dans un communiqué, il rappelle que l’objectif de leur action est « de redonner à la baie de Kalaweni l’image qu’elle avait autrefois ».
Aticki Ahmed Ismael (stagiaire)
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