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Enième évasion à la prison de Moroni : 27 détenus dans la nature

Enième évasion à la prison de Moroni :  27 détenus dans la nature © : HZK-LGDC

Vingt-sept détenus se sont évadés de la maison d’arrêt de Moroni dans la nuit du samedi 30 mai, aux alentours de 3h du matin, en profitant d’une porte qui aurait été laissée ouverte. Toujours en fuite, ils ont conduit à l’ouverture d’une enquête pour suspicion de complicité visant plusieurs agents pénitentiaires. Le dossier a été transmis au parquet de Moroni ce mardi 2 juin.


Selon une source proche du dossier, la porte de sortie aurait été délibérément laissée ouverte par des agents pénitentiaires. « La porte était ouverte volontairement », affirme notre interlocuteur. D’après cette même source, les agents concernés auraient expliqué avoir agi ainsi afin de permettre une meilleure circulation de l’air dans les locaux. Les détenus auraient ensuite utilisé une scie pour sectionner un tuyau métallique fixé aux grilles d’une porte située à l’intérieur de l’établissement. Une fois l’ouverture dégagée, ils seraient parvenus à s’échapper en se glissant sous les grilles. « La prison dispose de deux portes : la porte principale, servant aux entrées et sorties, qui aurait été laissée ouverte, et une seconde située à l’intérieur de l’établissement. Selon les témoignages recueillis auprès de certains agents pénitentiaires, les détenus ont utilisé une scie pour couper un tuyau fixé aux grilles de cette porte avant de passer en dessous », a expliqué notre source.

Ce n’est pas la première fois que des détenus s’évadent de la prison de Moroni. Parmi les 27 fugitifs figurent des personnes poursuivies ou condamnées pour agression sexuelle, vol, coups et blessures volontaires, tentative de vol ou encore vol à main armée. Certains avaient été entendus à la gendarmerie nationale, il y a deux semaines avant leur placement en détention. D’autres avaient déjà été jugés, tandis que plusieurs dossiers étaient encore en cours d’instruction. Les premiers éléments de l’enquête mettent en cause plusieurs agents pénitentiaires. Pour se défendre, ces derniers auraient expliqué qu’ils n’étaient pas en mesure de poursuivre les détenus en raison de leur corpulence. « Le passage emprunté par les prisonniers pour s’échapper était trop étroit pour leur taille et leur poids. Les agents n’ont donc pas pu les suivre », rapporte notre source.

La découverte d’une scie à l’intérieur de l’établissement ainsi que le fait que la porte principale ait été laissée ouverte ont conduit les enquêteurs à retenir des soupçons de complicité à l’encontre de certains agents de la sécurité pénitentiaire. Chaque évasion ravive les mêmes interrogations : comment de tels incidents peuvent-ils se produire à répétition ? Quelles mesures sont mises en œuvre pour retrouver les fugitifs et prévenir de nouvelles fuites ? Aujourd’hui, 27 détenus demeurent dans la nature. Parmi eux figurent des personnes impliquées dans des affaires criminelles sérieuses. Une situation qui alimente les craintes d'une partie de la population et pose, une nouvelle fois, la question de l'efficacité du dispositif de sécurité pénitentiaire et de la protection des citoyens.

El-Aniou Fatima

 

 

 

 

 


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