L’Université des Comores (UDC) créée dans le but de faciliter les études supérieurs dans le pays connait des difficultés d’ordre matériel et administratif. Parmi ces difficultés, la commission des étudiants formée dans l’objectif de défendre leurs droits a parlé hier, du manque de transport en commun, de l’insuffisance des salles de classe, de l’insuffisance des toilettes et plus récemment la hausse des tarifs de certains services décidée par l’administration. Cette commission demande la mise en place d’une politique visant la restructuration de l’Université.
Créée depuis 2003, l’Université des Comores accueille une grande majorité des bacheliers comoriens. Auparavant, entre 6500 à 74 000 étudiants fréquentaient ces lieux pour leurs études supérieures. Aujourd’hui, par manque de moyens pour de nombreuses familles démunies, ces chiffres sont passés entre 14 000 à 15 000 étudiants. Malgré cet effectif important, aucune politique pérenne n’est mise en place, le gouvernement peine toujours à impulser une stratégie d’amélioration des conditions de vie et d’études sur les différents sites universitaires.
Depuis 2012, beaucoup d’étudiants (site de Mvuni) réclament à la coopérative l’augmentation de la capacité d’accueil, la réhabilitation des toilettes et la facilitation du transport. Le minimum pour un étudiant. Bien que ces difficultés soient remontées jusqu’au gouvernement, elles n’ont jusqu’à lors aucune solution. Des étudiants continuent à faire leur besoin dans les champs avoisinants, et à s’asseoir à deux sur un seul siège et ils en parlent avec amertume. A défaut de la mise à disposition des chambres universitaires construites depuis plus de 5 ans, les étudiants venus de loin sont obligés de trouver refuge à Mkazi, Mvuni ou Moroni pour louer de petits studios. Mais là ce n’est pas la solution car les coûts ne sont pas à la portée de toutes les bourses. « Je fais ma troisième année en Sciences Economiques, et je suis censée me séparer de ma famille pour habiter à Mkazi et pouvoir me rendre à l’université à temps et trouver une place pour m’assoir. Le pire, si on arrive en retard, par manque de sièges, on est obligé de s’assoir par terre ou à deux sur une chaise », regrette Assiata Salim native de Hahaya. Complètement désappointée, elle signifie qu’à cause de cette situation la plupart des étudiants « valident difficilement ou presque pas leur année ».
Depuis des années, les différents représentants des étudiants (site de Mvuni précisément) n’arrêtent pas de réclamer des améliorations. A ce jour, la commission des étudiants fait savoir que le pire se vit dans l’université de Mohéli. « Mais les problèmes de nos camarades mohéliens ne sont pas à comparer aux nôtres. Quand il pleut, l’eau entre dans les salles. Ils sont obligés de poser leurs pieds sur des pierres comme supports pour éviter de se mouiller les pieds. Pour ce qui est des chaises, c’est le comble », explique un membre du bureau de la coopérative.
La commission regrette que le gouvernement s’intéresse moins aux obstacles auxquels font face les étudiants comoriens. « Voyons donc, ce que nous sommes en train de vivre avec notre administration concernant la fixation des nouveaux tarifs qui sont plus insupportables que nos problèmes quotidiens. Jusqu’alors, nous sommes en train de négocier avec des responsables sur la diminution des certains tarifs. En vain », s’est plaint Saïd Hassane membre de la commission des étudiants.
L’université connait de nombreux obstacles, qui font que les étudiants se demandent sur la destination des sommes versées chaque année au titre des droits d’inscription, les relevés et pour la récupération des certificats de diplômes. Avec désespoir la coopérative semble se dire « nos problèmes prendront fin un jour ? »
Quant au déroulement des cours, la commission des étudiants a éclairé que « mise à part les difficultés des cours après la rentrée universitaire concernant la grève des enseignants. Dans le cas présent, les cours ont repris et aucun enseignant ne manque à son obligation. Toutes les facultés de l’Universitaire des Comores (UDC) font cours 6 jours sur 7 pour certains et 5 ou 4 sur 7 pour d’autres. De ce côté-là, nous sommes très redevables envers le gouvernement et les enseignants ». « Depuis la rentrée, nos enseignants venaient en salle, mais ils ne travaillaient pas. Alors les étudiants ne venaient pas massivement, mais quand les enseignants ont commencé les cours, la participation des étudiants est devenue plus assidue jusqu’à lors. La seule chose qui nous dérange, c’est les tarifs mais la coopérative envisage une solution », a affirmé Aboubacar Farid étudiant en AES (site de Mvuni).
Aucune émergence n’est possible avec une éducation au rabais. Les lycées, les collèges et les sites universitaires doivent servir de béquille pour sortir le pays du gouffre mais au vu et au su de tous, aucune stratégie ni politique de sauvetage n’est véritablement engagée.
Kamal Gamal
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