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Enseignement supérieur : Le Sneuc dénonce le non-respect des engagements

Enseignement supérieur :  Le Sneuc dénonce le non-respect des engagements © : HZK-LGDC

Dans une lettre ouverte adressée aux autorités, le Syndicat des enseignants-chercheurs de l’université (SNEUC) revient sur ses principales revendications et appelle au respect des engagements pris et à la régularisation d’une situation administrative jugée préoccupante. Au-delà de ce rappel, le SNEUC se dit prêt à envisager d’autres formes d’action si le dialogue n’aboutit pas.


Après plusieurs mois d’attente, le Syndicat des enseignants et enseignants-chercheurs de l’Université (SNEUC) a décidé d’adresser une lettre ouverte aux autorités compétentes afin d’alerter sur une situation qui affecte le fonctionnement de l’institution. Dans ce courrier, le syndicat rappelle ses principales revendications, axées notamment sur « le financement pérenne de l’Université » et « la valorisation du statut des enseignants et enseignants-chercheurs », conformément aux dispositions transitoires de la nouvelle loi sur l’enseignement supérieur. Le SNEUC souligne par ailleurs que ces préoccupations ont déjà fait l’objet de multiples démarches auprès des autorités. Un protocole d’accord avait même été élaboré avec le ministère de l’Éducation nationale, dans le but de désamorcer la grève observée récemment à l’université, d’instaurer un mécanisme de suivi transparent et de garantir une gestion concertée des dossiers.

Cependant, il déplore aujourd’hui le non-respect de ces engagements. « À ce jour, les engagements formels du ministère n’ont pas été concrétisés, nos demandes répétées d’audience sont restées sans réponse, traduisant un manque de suivi et d’écoute institutionnelle, les questions soulevées ont été différées ou ignorées, fragilisant ainsi le dialogue social », indique le document. Selon le Sneuc, cette situation engage la responsabilité du ministère dans la persistance des difficultés que connaît l’Université. Le climat s’est également tendu avec la suspension, le 6 janvier 2026, du secrétaire général du syndicat, Youssouf Boinaheri. Une décision que le SNEUC conteste. « Au regard des dispositions réglementaires en vigueur, notamment l’article 91 du statut général des fonctionnaires, cette mesure apparaît aujourd’hui entachée de prescription, en l’absence de procédure régulière menée dans les délais requis », affirme le syndicat, qui s’interroge sur le respect des règles administratives.

Il pointe des dysfonctionnements dans la gouvernance de l’université, évoquant notamment une gestion centralisée et peu participative, un blocage dans la collaboration avec les directions techniques, ainsi qu’un déficit de dialogue social. Le syndicat critique en outre la nomination d’un secrétaire général du rectorat ne disposant pas, selon lui, du profil requis par la loi, ce qui fragiliserait la prise de décisions stratégiques. « Cette situation limite les perspectives d’évolution de carrière des enseignants, notamment en matière de titularisation, de promotion et de reconnaissance académique », souligne le SNEUC. Le syndicat met en garde contre des pratiques susceptibles de fragiliser la gouvernance universitaire, la qualité de l’enseignement supérieur et le développement de la recherche. Aujourd’hui, le syndicat appelle les autorités à honorer leurs engagements et à finaliser dans les plus brefs délais le protocole d’accord. Il demande également la régularisation rapide de la situation administrative de son secrétaire général, tout en réaffirmant sa disponibilité à poursuivre un dialogue constructif dans l’intérêt supérieur de l’Université.

Kamal Gamal

 


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