À 33 ans, diplômés d’un Master 2 en commerce et marketing de l’IMGAM d’Antananarivo, Samir Youssouf a fait le choix de revenir à Moroni pour créer sa propre marque de cookies « Made in Comores ». À la tête d'une petite équipe de deux employés, et malgré le coût élevé des matières premières et le manque d’équipements, il incarne cette jeunesse audacieuse qui préfère entreprendre plutôt que d’attendre.
Dans un archipel où l’essentiel des produits agroalimentaires est importé, les initiatives de transformation locale demeurent marginales. Pourtant, une nouvelle génération de diplômés formés à l’étranger fait le pari de revenir au pays pour tenter l’aventure entrepreneuriale. C’est exactement le parcours de Samir Youssouf à Moroni. À 33 ans, ce célibataire titulaire d’un Master 2 en commerce et marketing obtenu à l’Institut de Management des Arts et Métiers (IMGAM) d’Antananarivo, à Madagascar, aurait pu briguer un poste confortable dans l’administration ou le secteur privé. Il a pourtant choisi une tout autre voie : celle des fourneaux et de la fabrication de cookies. Son projet est né d’une intime conviction. « Ce qui m’a poussé vers cette activité, c’est avant tout l’envie de créer quelque chose par moi-même et de valoriser une production locale », explique-t-il. Son ambition dépasse la simple production artisanale : il souhaite « développer progressivement une véritable marque de cookies "Made in Comores" » et « proposer aux consommateurs un produit gourmand, de qualité, qui porte une identité locale ».
Installée à Moroni, sa petite unité emploie aujourd’hui deux personnes. Sa clientèle se compose « principalement de personnes qui apprécient les produits gourmands, notamment les familles, les jeunes et les consommateurs désireux de découvrir des produits fabriqués localement ». Mais le parcours du jeune entrepreneur est semé d’embûches. « Je rencontre plusieurs difficultés, notamment le coût des matières premières, l’accès à certains ingrédients et équipements, ainsi que le manque de moyens financiers nécessaires pour développer l’activité », confie-t-il. Loin de le décourager, ces contraintes le poussent à innover : « Ces difficultés m’obligent à chercher constamment des solutions, à améliorer mes produits et à avancer étape par étape. » Car au-delà de l’activité commerciale, c’est un véritable projet de vie que porte Samir Youssouf. Il l’affirme avec lucidité : « Oui, cette activité m’aide dans ma vie quotidienne, mais elle représente également beaucoup plus pour moi. Elle me permet de développer mon indépendance, d’acquérir de nouvelles compétences et de construire progressivement mon avenir professionnel. »
À long terme, sa vision est claire et assumée. « Dans dix ans, je souhaite voir mon entreprise devenir une marque comorienne reconnue, avec une production plus importante, une équipe solide et une présence dans plusieurs régions, voire à l’extérieur du pays. Je souhaite surtout construire une entreprise durable, créer des emplois et montrer qu’il est possible de partir d’une petite idée pour la transformer en une véritable réussite. » Un message qu’il adresse directement à la jeunesse comorienne, souvent confrontée au découragement ou tentée par l’exil. « Je dirais à la jeunesse de ne pas avoir peur de commencer petit. Il faut croire en ses idées, être patient, apprendre de ses erreurs et surtout ne pas abandonner face aux obstacles », conseille-t-il. Avec un simple four, deux employés et une foi inébranlable en son pays, Samir Youssouf démontre avec brio qu’un cookie peut aussi devenir un acte d’engagement.
El-Aniou Fatima
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC