Moroni accueille depuis ce lundi 5 octobre une formation intensive de cinq jours sur le leadership et le plaidoyer climatique, réunissant plus d’une vingtaine de jeunes leaders, dont six femmes, venus d'Anjouan, de Mohéli et de Ngazidja. Organisée par le ministère de l'Environnement et des Forêts, en partenariat avec l'UNICEF, cette initiative est financée par la République de Corée (via la KOICA) et bénéficie de l'appui du Centre d'excellence de l'UNICEF, dans le cadre du projet « Action climatique pour le dernier kilomètre »
Comme État insulaire particulièrement vulnérable, l'Union des Comores fait face à l'érosion côtière, à la raréfaction de l'eau et à la multiplication des phénomènes extrêmes. Ces dernières années, près de 3 000 adolescents ont déjà été sensibilisées grâce au soutien de la KOICA. Cette formation de cinq jours vise désormais à passer de la sensibilisation à l'action en constituant le premier noyau de 20 jeunes leaders. Issus des clubs d'adolescents, des jeunes reporters, du Réseau Climat de l'océan Indien, des scouts et de la Fédération des acteurs pour le développement de Mohéli, ces participants seront désormais outillés pour influencer les politiques climatiques nationales et locales. Ouverte officiellement à Moroni par le secrétaire général du ministère de l'Environnement et des Forêts et Mustapha Ben Messaoud, représentant de l'UNICEF aux Comores, la session s'articule autour d'un objectif central : transformer l'engagement des jeunes en une véritable capacité de plaidoyer.
Pendant cinq jours, les participants venus des quatre coins de l'archipel seront formés à l'analyse des politiques publiques, aux techniques de négociation, à la mobilisation sociale et à la construction d'alliances stratégiques. Il ne s'agit plus seulement de comprendre le changement climatique, mais de savoir comment dialoguer avec les décideurs et transformer les doléances des communautés en propositions concrètes, finançables et mesurables. Pour le secrétaire général du ministère de l'Environnement, Abdourahmane Ali M'roipvili, l'enjeu dépasse la simple session de formation : « Cette session de cinq jours s'inscrira pleinement dans la vision du gouvernement en matière de gouvernance climatique inclusive. Il ne s'agit plus seulement de sensibiliser, il s'agit de structurer un vivier national de plaideurs. Nous attendons de ces jeunes leaders, venus d'Anjouan, de Mohéli et de Ngazidja, qu'ils deviennent des relais techniques dans leurs îles respectives. »
Dans son allocution, Mustapha Ben Messaoud, représentant de l'UNICEF, a rappelé le sens profond de l'initiative : « Le changement climatique constitue l'un des plus grands défis de notre génération. Mais au-delà des chiffres, ce sont les enfants qui en subissent les conséquences les plus lourdes. Lorsque les infrastructures sont endommagées, ce sont les écoles qui sont perturbées. Lorsque l'eau se raréfie, ce sont les conditions de santé des enfants qui sont affectées. C'est pourquoi l'action climatique est avant tout une question de droits de l'enfant. Agir pour le climat, c'est protéger leur santé, leur éducation et leur avenir. Nous sommes convaincus que les jeunes ne sont pas de simples bénéficiaires. Ils sont des partenaires, des innovateurs et des acteurs du changement. » Présent à Moroni pour appuyer techniquement la session, David Knaute, spécialiste du changement climatique à l'UNICEF basé à Nairobi, insiste sur la méthode.
« Ce que nous faisons ici aux Comores est un modèle pour la région. Nous sommes sur une île qui émet très peu mais qui paie le prix fort. Notre approche avec ce projet est d'aller chercher les plus vulnérables. Pendant ces cinq jours, nous formons des jeunes capables d'influencer et de sensibiliser leur entourage afin qu'ils puissent se protéger contre le changement climatique. Un jeune qui sait quantifier l'érosion de sa côte, qui peut chiffrer le coût de la perte d'une école, devient incontournable pour un maire, pour un ministère ou pour un bailleur. C'est cela, le plaidoyer efficace. » Parmi les bénéficiaires, Rouhanana Zaïr, venue de l'île d'Anjouan, adopte déjà cette posture : « Je viens d'Anjouan. Chez nous, on ne parle pas du changement climatique dans les livres, on le voit chaque jour. Pendant ces cinq jours, je souhaite apprendre à protéger ma communauté. Je vais rentrer à Anjouan avec des connaissances qui me permettront d'apporter mon aide à mon prochain pour le bien de tous. »
El-Aniou Fatima
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