Alors que la planète se rapproche dangereusement de points de basculement environnementaux irréversibles, la septième session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (UNEA-7) s’est achevée à Nairobi par l’adoption de résolutions et décisions majeures visant à répondre à la triple crise planétaire : changement climatique, perte de biodiversité et pollution.
Pour les Comores, petit État insulaire en développement (PEID), fortement exposé aux impacts environnementaux et climatiques, les résultats de cette rencontre revêtent une importance stratégique tant sur les plans environnemental, économique que diplomatique. Il y a eu l’adoption de onze résolutions notamment la protection des récifs coralliens, la gestion durable des océans, la lutte contre la pollution plastique, la résilience face aux feux de forêt, la préservation des glaciers et de la cryosphère, la résistance aux antimicrobiens, la gestion des produits chimiques et des déchets, ainsi que la participation des jeunes et l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle. Pour notre pays dont l’économie et la sécurité alimentaire dépendent largement des ressources marines et côtières, les résolutions relatives aux écosystèmes coralliens, à la pollution marine et à l’économie circulaire constituent des leviers importants pour renforcer la protection de la biodiversité, soutenir la pêche artisanale et promouvoir des modèles de développement plus durables. Les discussions sur la lutte contre la pollution plastique font également écho aux défis nationaux de gestion des déchets solides, particulièrement en zones urbaines et littorales. Elles ont largement mis en lumière la situation critique des PIED, confrontés de manière disproportionnée aux effets du changement climatique, à l’érosion côtière, à la montée du niveau de la mer et à la dégradation des écosystèmes marins.
Cette reconnaissance internationale devrait contribuer à renforcer la position diplomatique des Comores dans les négociations environnementales multilatérales, en plaidant pour un accès facilité aux financements climatiques et environnementaux, le transfert de technologies adaptées et le renforcement des capacités institutionnelles et humaines. Par ailleurs, les États membres ont salué l’adoption de la Déclaration ministérielle de l’UNEA-7, placée sous le thème : « Promouvoir des solutions durables pour une planète résiliente ». Cette déclaration appelle à traduire les engagements politiques en actions concrètes, fondées sur la science et soutenues par des financements adéquats. Pour notre pays, cette orientation conforte les efforts nationaux visant à intégrer les Objectifs de développement durable (ODD), le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal et les engagements climatiques dans les stratégies nationales de développement.
L’élection de Matthew Samuda, ministre jamaïcain de l’Environnement, à la présidence de l’UNEA-8, et la décision de tenir la prochaine session à Nairobi en décembre 2027, ouvrent une nouvelle phase de dialogue international. Dans ce contexte, notre pays est appelé à renforcer sa diplomatie environnementale, en poursuivant une coordination active avec les autres PEID, le Groupe africain et les partenaires internationaux, afin de défendre ses intérêts spécifiques et de mobiliser des ressources pour la mise en œuvre des résolutions adoptées.
Mmagaza
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC