La 12ème Conférence des Parties (COP12) à la Convention de Nairobi s’est tenu du 6 au 9 octobre au Julius Nyerere International Convention Centre, en Tanzanie. Placée sous le thème « Vers une économie bleue durable dans la région de l’océan Indien occidental pour les populations et la nature : un parcours de 40 ans », elle a célébré les quarante ans de ce traité régional dédié à la protection des écosystèmes marins et côtiers.
Adoptée en 1985 sous l'égide du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), la Convention de Nairobi constitue le cadre juridique de référence pour la protection, la gestion et le développement durable du milieu marin dans l'océan Indien occidental. Elle réunit dix États parties, dont l'ensemble des membres de la Commission de l'océan Indien (COI). À l'occasion de la 12ᵉ Conférence des Parties (COP12) organisée à Dar-es-Salaam sous le thème de l'économie bleue durable, le bilan de 40 ans de coopération témoigne d'un partenariat institutionnel solide et fructueux au service des territoires insulaires. Depuis trois décennies, la COI s'impose comme un partenaire privilégié de la Convention. Cette alliance stratégique a généré des retombées directes pour les États insulaires, articulées autour d'instruments juridiques contraignants et de programmes régionaux structurants.
La région a vu la ratification et la mise en œuvre du protocole sur la gestion intégrée des zones côtières (GIZC), l'adoption du protocole sur la biodiversité marine et les aires protégées lors de la Conférence de plénipotentiaires à Zanzibar, ainsi que la finalisation d'un plan régional de contingence contre les pollutions marines accidentelles. La mise en œuvre s'appuie sur des initiatives phares comme le projet RECOS pour la résilience côtière, le projet ExPLOI pour la lutte contre la pollution plastique et le développement de l'économie circulaire, le programme Safe Seas Africa pour la sécurité maritime, et le programme SWIOP financé par l'Union européenne. Il faut savoir que les Seychelles protègent désormais plus de 32% de leur espace océanique et ont été parmi les premiers à ratifier le traité mondial BBNJ. Maurice accueille le Blue Finance Hub pour catalyser les investissements maritimes durables. Les Comores intègrent le tourisme régénératif au financement des aires marines protégées. Madagascar structure la co-gestion communautaire des ressources via les LMMAs, tandis que La Réunion restaure ses récifs et mangroves dégradés.
L'océan Indien occidental se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale, accentuant le blanchiment des coraux, l'élévation du niveau de la mer et l'érosion côtière. Pour les décennies à venir, les États de la COI doivent relever plusieurs défis majeurs. En effet, la priorité absolue réside dans la transposition des protocoles et stratégies régionales (GIZC, stratégie plastiques, BBNJ) en lois, plans d'aménagement spatial marin (MSP) et actions concrètes sur le terrain. Il est essentiel de mobiliser des capitaux publics et privés (finance bleue, obligations vertes, crédits carbone bleu) pour soutenir les communautés littorales et la restauration des écosystèmes côtiers et en fin le suivi environnemental nécessite de combler les lacunes sur les zones de haute mer (ABNJ) et de déployer des outils modernes comme la comptabilité océanique. En associant volonté politique, expertise scientifique et partenariats financiers, la Convention de Nairobi et la COI disposent des leviers nécessaires pour garantir la résilience et la prospérité des populations océaniques.
Mmagaza
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