La Gazette

des Comores

Environnement : Une action contre la pollution du littoral

Environnement : Une action contre la pollution du littoral © : HZK-LGDC

Le dimanche 2 août dernier, la plage d'Itsandra-Mdjini a été le terrain d'une vaste opération de nettoyage menée par l'ONG Dayima et le Twamaya Club. Une mobilisation exemplaire qui révèle une pollution inquiétante et largement invisible, celle des vêtements abandonnés.


Ils étaient venus tôt, sacs de poubelles à la main, animés par une même conviction. Rendre à leur plage sa dignité. Le Weekend de la semaine dernière, à l'appel de l'ONG DAYIMA, appuyée par le Twamaya Club d'Itsandra-Mdjini, des dizaines de bénévoles, d'usagers de la plage et de représentants d'organisations locales se sont retrouvés sur le sable d'Itsandra-Mdjini. Leurs objectifs étaient de nettoyer, trier, comprendre et sensibiliser sur notre rapport au littoral. Mais le constat, une fois les premiers tas constitués, a de quoi surprendre. Loin de l'image habituelle des bouteilles plastiques échouées, ce sont les textiles qui dominaient outrageusement le paysage. Selon les organisateurs, près de 90% des déchets collectés étaient des déchets textiles, principalement des vêtements en coton usagés, déchirés, parfois à moitié ensablés. Les 10% restants se composaient de plastiques divers, de verre, de bouteilles et de détritus du quotidien.

 

Une réalité qui a marqué les esprits. « Je venais pour ramasser du plastique, et je me suis retrouvée à tirer des jeans, des t-shirts, des pagnes entiers coincés entre les rochers. On a l'impression que la mer nous renvoie ce dont on ne veut plus », confie avec émotion une jeune volontaire du Twamaya Club, les mains encore chargées de sable. Pour elle, comme pour beaucoup, cette journée a été une prise de conscience plus ou moins brutale. Car au-delà du choc visuel, l'enjeu est écologique majeur. Les fibres textiles, même en coton, ne disparaissent pas sans conséquences. Elles se dégradent lentement, libèrent des microfibres, étouffent la faune et la flore marine et transforment nos plages en décharges à ciel ouvert. Itsandra-Mdjini, joyau prisé des Comoriens et des visiteurs, ne devrait pas être le réceptacle de nos déchets. Notre mer ne peut porter indéfiniment le poids de nos négligences.

 

À l'issue de la journée, plusieurs dizaines de sacs ont été évacués. L'ONG DAYIMA a tenu à saluer chaleureusement toutes les organisations participantes et les volontaires locaux. Cependant, nettoyer ne suffit plus. Il faut réduire, réutiliser, sensibiliser. « Les rivages nous interpellent. À nous maintenant de l'écouter et d'agir tous ensemble durablement pour que demain, nos plages ne soient pas des dépotoirs, » a conclu un des bénévoles.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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