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des Comores

Etat de santé de Sambi : Des hauts dignitaires du pays appellent à la clémence

Etat de santé de Sambi : Des hauts dignitaires du pays appellent à la clémence © : HZK-LGDC

Plusieurs hauts dignitaires de la Nation, rejoints par d’anciens députés, ont adressé un nouvel appel au chef de l’État, Azali Assoumani, en faveur de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Dans deux correspondances distinctes, ils plaident pour une mesure de clémence à caractère humanitaire, mettant en avant l’état de santé préoccupant de l’ancien chef de l’État ainsi que la nécessité de préserver la cohésion nationale.


Dans une lettre datée de ce 2 juin, plus d’une trentaine d’anciens députés de l’Assemblée de l’Union des Comores affirment agir : « dans une démarche d’humanité, de compassion et de préservation de l’intérêt supérieur de la Nation ». Sans remettre en cause les prérogatives de la justice, les signataires insistent sur la dégradation de l’état de santé de l’ancien président, évoquée avec inquiétude par une partie de la population. Les anciens élus rappellent également l’attachement du peuple comorien aux valeurs islamiques de miséricorde, de pardon et de bienveillance. Selon eux, un geste de clémence « trouverait un écho favorable dans le cœur de nombreux Comoriens » et serait perçu comme un acte de grandeur conforme aux traditions nationales. Ils demandent ainsi au président de la République d’envisager une mesure permettant à Ahmed Abdallah Mohamed Sambi d’accéder à des soins médicaux appropriés.

Un second appel, formulé le 3 juin par d’anciens hauts dignitaires de l’État, vient renforcer cette requête. Parmi les signataires figurent d’anciens présidents d’institutions, des ex-vice-présidents de la République ainsi que d’anciens chefs d’assemblée. Dans leur lettre, ils insistent sur la dimension humaine de leur démarche, affirmant parler « au nom d’une exigence supérieure : celle de l’humanité ». Ces anciens responsables rappellent que près de neuf années se sont écoulées depuis la privation de liberté de l’ancien président. Ils évoquent « neuf longues années de séparation avec sa famille » et soulignent que son état de santé suscite désormais « de profondes inquiétudes ». Tout en reconnaissant la complexité des dossiers judiciaires, ils affirment que leur appel ne vise ni à contester les décisions des institutions ni à rouvrir les débats politiques.

Les signataires mettent en avant la nécessité pour la nation de privilégier l’apaisement et la réconciliation. Dans un contexte marqué par des tensions persistantes, ils estiment qu’une libération de l’ancien chef de l’État constituerait « un acte de haute portée humaine, morale et nationale ». Un tel geste, ajoutent-ils, contribuerait à « réduire les fractures » et à renforcer la paix civile. L’argument historique est également partagé. Les auteurs de la lettre rappellent que les Comores ont célébré récemment le cinquantième anniversaire de leur indépendance, un moment propice, selon eux, à des décisions capables de marquer durablement la mémoire collective. « L’Histoire retient moins les différends que la capacité des hommes d’État à les transcender », écrivent-ils.

Au-delà de la personne de Sambi, ces appels posent la question plus large de la réconciliation nationale et du rôle des dirigeants dans la construction d’un climat apaisé. Ils interpellent directement le président Azali, en soulignant que les responsabilités qui sont les siennes lui offrent l’opportunité de poser un acte « qui traverse les générations ». Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été rendue publique. Mais ces prises de position, émanant de figures ayant occupé de hautes fonctions au sein de l’État, pourraient peser dans le débat public et relancer les discussions autour d’un éventuel geste de clémence.

Mohamed Ali Nasra

 

 


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