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des Comores

Etat de santé de Sambi : L'opposition réclame une évacuation avant qu’il ne soit trop tard

Etat de santé de Sambi : L'opposition réclame une évacuation avant qu’il ne soit trop tard © : HZK-LGDC

Réunie à Moroni le 20 juin dernier, l'opposition comorienne a lancé un appel solennel pour l'évacuation médicale de l'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Invoquant une dégradation inquiétante de son état de santé, elle demande au Président Azali Assoumani un geste humanitaire et saisit l'ONU, l'Union africaine et les ONG internationales sur l'affaire.


Le ton n'était pas celui d'un procès politique, mais celui d'une urgence vitale. Devant la presse, les leaders de l'opposition ont placé le dossier Sambi sur le terrain de la dignité humaine. Ce n'est plus seulement son dossier judiciaire qui inquiète, mais son bulletin de santé. En effet, une expertise médicale montre que Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, ancien président de l'Union des Comores de 2006 à 2011, qui souffrait au départ d'une insuffisance respiratoire chronique, son état de santé est actuellement aggravé par une ischémie cardiaque dépistée lors des derniers examens. Compte tenu de l'absence d'un plateau technique adapté dans l'archipel et des recommandations des médecins chargés de la contre-expertise, une évacuation sanitaire à l'étranger a été préconisée afin d'assurer une prise en charge médicale spécialisée. Une urgence dont l'opposition affirme aujourd'hui qu'elle est contestée par les autorités. Le week-end dernier, l'opposition a voulu déplacer le débat.

 

« Depuis de longues années, l'ancien président est privé de liberté. Les controverses sont connues de tous. Mais aujourd'hui, la question n'est plus celle de la culpabilité ou de l'innocence. Elle est plutôt humaine », a-t-on lu dans leur déclaration liminaire. Le secrétaire général du parti Juwa Ahmed Hassane El-Barwane, a rappelé les démarches infructueuses auprès du chef de l'État. « Après plusieurs courriers adressés au président Azali Assoumani, celui-ci aurait simplement répondu qu'il fallait surtout éviter le désordre, préserver la sécurité de l'État », a-t-il rapporté. Face à ce blocage, le parti formule désormais l’exigence d’autoriser sans délai une évacuation sanitaire vers l'étranger. Par ailleurs, l'opposition ne s'adresse plus uniquement aux autorités comoriennes. Elle appelle les Nations unies, à engager leurs bons offices auprès d'Azali Assoumani, et demande également à l'Union africaine de faire entendre sa voix. Elle interpelle en outre Amnesty International, Human Rights Watch, la FIDH ainsi que l'ensemble des organisations engagées dans la défense des libertés fondamentales.

 

« Les Comores sont signataires de nombreuses conventions internationales. Le droit à la santé ne disparaît pas avec la détention », insiste le texte, qui réclame « un geste de compassion », non une libération. Mouigni Baraka a recentré le débat sur la dimension humaine du dossier : « Ce n'est pas une question d'opposition ni de parti politique, mais plutôt du peuple comorien. » Il a surtout évoqué l'état de santé de Sambi : « Depuis trois ans, Sambi a des problèmes respiratoires… À ma dernière visite à ses côtés, j'ai pu le constater. » Et de poursuivre : « Étant donné que Ahamada Hamidou se dit "audacieux", alors qu'il le montre en signant le document qui pourrait permettre à Sambi d'aller suivre un traitement médical adapté à l'extérieur, qu'il mette son audace au service du bien. »

 

Même fermeté chez Mariama Massoundi, du parti Juwa : « Au vu des résultats des expertises médicales, il s'avère que son état nécessite un traitement faute de plateau technique adapté ici. Une évacuation sanitaire s'impose. » Et d'ajouter, dans une formule qui a marqué l'assistance : « Quitte à ce que Ahmed Abdallah Sambi soit menotté et escorté par l'armée s'il le faut, mais s'il vous plaît, pourvu qu'il puisse aller bénéficier des soins avant qu'il ne soit trop tard. »

 

Pour couper court aux accusations de déstabilisation, El-Barwane a conclu : « Nous sommes un pays et non un champ. Qu'on nous considère comme des citoyens. Nous ne demandons pas qu'il soit libéré. Tout ce que l'on souhaite, c'est que Sambi, compte tenu des circonstances atténuantes, dont je rappelle que même si c'était en cas de peine capitale il y aurait eu droit, puisse aller se soigner. » « Nous ne sommes pas venus semer le trouble, mais exiger que le gouvernement accepte que Sambi puisse aller se faire soigner. Soyons solidaires, ayons de la compassion car on ne meurt pas deux fois. Ce qui lui arrive peut nous arriver à tous », a renchéri Mouigni Baraka. L'opposition dit attendre désormais une réponse « fondée sur la compassion, la dignité et le respect des droits fondamentaux ».

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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